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La Fédération départementale des associations des parents d’élèves  de Mbour et les autorités des Inspections  de l’éducation et de la formation (Ief) essaient de juguler le phénomène des enfants non-déclarés. Ils ont fait face à la presse hier à l’Ief 1 en estimant qu’aucun enfant ne doit être pénalisé pour défaut de pièces d’état civil. En attendant, il faut régulariser au moins 3810 élèves.

Mouhamed Keïta, président de la Fédération départementale des associations des parents d’élèves de Mbour donne des chiffres, qui font froid dans le dos en détaillant le nombre d’enfants sans état civil. «Ils sont 1480 enfants à l’Ief 1 et plus de  2330 dans l’Ief 2 qui sont concernés par le défaut de pièces d’état civil. Une situation qui découle de trois facteurs : des parents qui ont démissionné, des enfants victimes de parents qui n’ont pas de pièces d’état-civil et enfin des  enfants nés de parents inconnus ou abandonnés», explique-t-il. Par conséquent, la Fédération départementale des parents d’élèves a décidé de s’impliquer pour «éradiquer cette situation qui ne peut plus continuer. Les parents d’élèves doivent avoir conscience que les enfants ne doivent pas être victimes de cette situation». Une situation qui n’a pas manqué d’interpeller le patron de l’Ief 1, Mamadou Lamine Sakho, qui rappelle  que le défaut de pièces d’état civil ne constitue plus un motif pour exclure l’élève d’un examen. «On recense l’élève et on lui propose une date de naissance pour lui permettre de faire l’entrée en 6ème. Donc ce n’est plus un blocage pour faire le Cfee ; ensuite, il est tenu de régulariser. Ce n’est évidemment pas une bonne chose parce que cela va le rattraper dans le futur», prévient M. Sakho.
Après avoir salué l’implication des parents d’élèves et du président du Tribunal de Mbour, qui ont  compris l’enjeu et l’importance de faire en sorte que chaque élève puisse disposer d’une pièce d’état-civil, il a déploré la situation au niveau de Mbour, qui est une grande agglomération. «Cette situation qui est plus visible  dans les zones rurales est inacceptable à Mbour où le taux est important. Il y a donc un problème de sensibilisation à faire. Les chiffres sont importants pour les deux inspections et on est sur une dynamique d’anticiper sur l’année prochaine. Nous avons ainsi un comité pour continuer à travailler pour faire en sorte que l’année prochaine, on n’ait pas à faire face à ces problèmes au mois d’avril», regrette-t-il.
Mais aussi, il a plaidé pour que des moyens soient mis à la disposition  des Inspections pour qu’elles fassent certaines missions. «La dynamique de faire travailler tous les parents d’élèves pour aller vers la mairie, vers le Tribunal leur est dévolue. Ce sont eux qui ont fait ça et c’est un travail titanesque. Cette année, on a 1480 élèves qui vont faire le Cfee sans extrait de naissance qu’on va ensuite régulariser. Mais l’année prochaine, on veut anticiper sur les élèves du Cm1 déjà. Et si le président du Tribunal nous parraine, on va commencer depuis le Ci jusqu’au Cm2 pour recenser tous ceux qui n’ont pas de pièces et les régulariser. C’est énorme parce que le Tri­bunal a aussi autre chose à faire mais il faut une dynamique de ­compréhension», propose M. Sakho.

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