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Mamadou Diop Decroix ne s’explique pas le «silence» de Macky et son gouvernement sur la résurgence de l’émigration clandestine et son lot de morts. Le leader d’Aj/Pads, qui était à Mbour, attend des «politiques structurelles» et une redéfinition des accords de pêche avec l’Union européenne.

Mamadou Diop Decroix et ses camarades de parti ont rendu visite hier aux familles de la centaine de jeunes Mbourois morts en tentant l’émigration clandestine. Le leader d’Aj/Pads, qui s’émeut de cette «tragédie», trouve le «silence» du gouvernement et surtout celui du Président Macky Sall «troublant». «Je ne sais pas qui a conseillé au pouvoir de marginaliser ce phénomène, de ne pas en parler ou de le banaliser à la limite, pensant que cela va passer, que les gens vont oublier. Ce n’est pas ça. Le président de la République doit s’adresser au Peuple sénégalais pour lui dire ce qu’il compte faire. Je suis pessimiste parce qu’on ne peut pas s’attendre à des solutions avec les politiques en cours», se désole-t-il. Il invite par conséquent Macky Sall à réfléchir sur une «politique structurelle capable de résoudre le problème à la racine plutôt que des débats sur emploi ou employabilité». S’il y a un ministre de la Pêche et de l’économie maritime, Decroix constate qu’il n’y a pas en revanche «une politique de la mer».
Dans un contexte de polémique autour des accords de pêche entre le Sénégal et l’Union européenne, le secrétaire général d’Aj/Pads plaide pour un nouveau Code de la pêche qui permette de protéger les ressources halieutiques. «Il faut redéfinir les accords de pêche avec l’Union européenne et réorganiser le secteur, car il y a des conflits entre les acteurs», a-t-il prôné, soulignant que c’est pour cela que beaucoup de jeunes qui proviennent de ce milieu tentent l’émigration clandestine. Mais au-delà, Decroix justifie la recrudescence de ce fléau par «l’absence d’un politique agricole surtout envers les jeunes qui viennent des zones rurales qui n’ont pas de mer et qui font dans l’agriculture, l’élevage». Il suggère par ailleurs que l’argent de la Der et de l’Anpej soit mis à la disposition de la jeunesse, mais pas des politiciens. «Si l’Etat les appuie, des projets structurants peuvent voir le jour. Mais il faut mettre des leviers pour que l’argent ne soit pas détourné ou volé. Ces projets peuvent freiner l’émigration clandestine», a-t-il insisté.

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