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Les chauffeurs de taxis-clandos de la commune de Mbour ont paralysé hier le transport urbain pour protester contre la taxe municipale qu’ils jugent élevée. Les policiers ont usé de grenades lacrymogènes pour les disperser et ont interpellé plus d’une vingtaine de chauffeurs. Bref, la matinée a été très chaude hier dans les différentes artères de Mbour à cause des course-poursuites entre chauffeurs de taxis-clandos et policiers. Ces derniers ont lancé des grenades lacrymogènes pour disperser les chauffeurs, qui immobilisaient leurs collègues en circulation, pour faire descendre les passagers. Des échauffourées qui ont duré presque toute la matinée, obligeant les usagers à marcher pour vaquer à leurs occupations.
Matar Diagne, porte-parole de la Coalition des 27 garages de chauffeurs de taxis de la ville de Mbour, justifie ce moment de colère : «Nous voulons la réfection des routes dans cette ville, car nos voitures ne peuvent plus rouler sur ces routes qui sont devenues impraticables et n’ont pas d’arrêts municipaux. Nous voulons également la diminution de la taxe municipale, qui est de 6000 francs qu’on paye à la mairie de Mbour. C’est le maire qui nous avait promis que si nous avons 3000 taxis, il va réduire cette taxe à 3000 francs. Maintenant, nous sommes 6000 taxis et le travail n’est plus comme avant car il y a les Tata et il y a plus d’arrêts municipaux.» Le mot d’ordre est clair : «Nous n’allons plus payer la taxe municipale si elle est maintenue à 6000 francs Cfa.»

Le maire intransigeant
Un mouvement d’humeur qui est loin d’ébranler le maire de Mbour El Hadji Fallou Sylla, qui est revenu sur les cinq points de cet accord à savoir , les routes, l’ouverture du jardin public, le problème du stationnement, la baisse de la taxe municipale et enfin l’éclairage des lieux des gares routières des taxis. Le maire reconnaît que la taxe municipale constitue la pomme de discorde, car le Conseil municipal l’a rejetée. Pourquoi ? «Parce que 6000 francs par mois, c’est-à-dire ils payent 200 francs par jour au moment où les charrettes payent 225 francs par jour, eux ils veulent payer 100 francs Cfa par jour, ce que le conseil municipal n’a pas accepté. Sur instruction du préfet, nous avons discuté et c’est une surprise de constater qu’ils en viennent à faire une grève», déplore El Hadji Fallou Sylla. Sur un ton très ferme, le maire avertit : «Ceux qui veulent travailler n’ont qu’à aller payer la taxe et ceux qui ne veulent pas n’ont qu’à garer leurs taxis, je suis très clair là-dessus, car les 6000 francs de taxe municipale ne sont pas négociables. La plupart des taxis ne payent pas la taxe, ils travaillent et le soir il retournent dans leurs communes d’origine car ils ne sont pas de bon payeurs.»
Par ailleurs, les répercussions de cette grève ont été ressenties au niveau du collège Saint Esprit qui jouxte une gare routière de taxis-clandos où les grenades lacrymogènes lancées par les policiers ont atterri dans l’enceinte de l’école. Ce qui a provoqué l’évacuation 14 élèves, exposés aux lacrymogènes, par les sapeurs-pompiers pour des soins.
abciss@lequotidien.sn

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