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Le président de l’Association des enseignants pour la récitation du Coran et des sciences (Aercsci) dénonce l’immixtion des religieux dans le champ politique, notamment les consignes de vote en faveur des candidats à la Présidentielle. El Hadji Ndiouga Dieng a par ailleurs invité les politiques à cultiver une adversité saine.

El Hadji Ndiouga Dieng invite les chefs religieux à la retenue. Face à la presse et en prélude à la journée de récitation du Coran qu’il organise pour ses élèves le 4 novembre prochain, il a fustigé le fait que des chefs religieux se prononcent en faveur d’un candidat à l’élection présidentielle. «Nous avons constaté ces derniers jours l’immixtion des religieux dans le champ politique avec des consignes de vote à peine voilées. Ce n’est pas ce qu’on attend d’eux», a-t-il dit. Le président de l’Association des enseignants pour la récitation du Coran et des sciences (Aercsci) estime que ces chefs religieux qui font «désormais de la politique une profession» risquent de s’éloigner de leur mission. «Ils doivent se limiter à leur domaine et jouer leur rôle de régulateurs sociaux. On attend d’eux une sensibilisation sur les enseignements, mais pas qu’ils orientent les disciples vers tel ou tel candidat», déploré-t-il. El Hadji Ndiouga Dieng d’ajouter : «Les chefs religieux doivent se consacrer à la religion au risque d’être attaqués dans les réseaux sociaux ou de subir un lynchage médiatique. S’ils ont leur candidat, ils n’ont qu’à attendre le jour des élections pour voter. Un chef religieux ne doit pas afficher publiquement sa coloration politique parce qu’il ne doit pas oublier qu’il a des talibés qui lui font confiance et qui ont aussi leur préférence. Donc, ils doivent savoir raison garder et laisser aux citoyens la liberté de voter pour qui ils veulent.»
Sur un autre registre, le président de l’Aercsci a aussi invité les politiciens à modérer leurs discours, surtout envers leurs adversaires. Selon lui, la médisance, la calomnie et autres querelles ne feront pas avancer le pays. «Ceux qui s’adonnent aux invectives, aux insultes et autres mauvais comportements ne méritent même pas de gouverner ce pays. Nous invitons les politiciens à rationaliser le débat et à se livrer à une concurrence saine», a-t-il souligné. L’ex-adjoint au maire de Mbour dit avoir tourné le dos à la politique à cause des comportements malsains de certains politiciens. «J’ai fait cinq ans à la mairie de Mbour, mais la façon dont je vois les choses se dérouler ne m’a pas convaincu de rester dans l’équipe», a conclu Ndiouga Dieng.
abciss@lequotidien.sn

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