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La floraison d’usines de farine de poisson au Sénégal, en Mauritanie et en Gambie et leur impact sur la communauté commencent à inquiéter les acteurs de la pêche de ces pays. En conclave avant-hier à Mbour, le Conipas, la Caopa, le Rejoprao et l’Aprapam se sont penchés sur l’impact négatif de ces usines sur la santé, l’environnement et l’économie.
Selon Gaoussou Guèye, le président de l’Aprapam, ces usines contribuent à une surexploitation intensive des ressources halieutiques surtout des petits pélagiques qui sont le filet de la sécurité alimentaire des populations. Pour éviter d’aggraver cette situation, le président de l’Aprapam sollicite des gouvernants d’harmoniser leurs politiques et règlements pour l’implantation de ces usines de farine de poisson car «46% de cette farine de poisson va à l’aquaculture et on peut choisir une autre forme d’aquaculture qui ne sera pas basée sur la farine de poisson. Il faut noter aussi que 22% de cette farine de poisson, c’est pour nourrir du bétail particulièrement le porc et autres et 24% va à l’alimentation du porc. Je crois que cette situation mérite une réflexion comme celle que nous organisons», a rappelé le président de l’Aprapam.
Poursuivant ses propos Gaoussou Gueye est revenu sur les dangers liés à l’implantation croissante d’usines de production de farine de poisson. Selon lui ces dangers sont liés à «l‘accélération de la surexploitation des ressources halieutiques qui peut entrainer l’accentuation de l’insécurité alimentaire dans les régions côtières et à l’intérieur de nos pays. Il y a également les répercussions sur l’Emploi, qui se traduisent par des sorties de professionnels du secteur tels que les mareyeurs et les transformatrices. Je rappelle également qu’une usine de production de farine, souvent à capitaux étrangers, fournit peu d’emplois et contribue très peu au développement du pays. Sans oublier les nuisances environnementales et le danger pour la santé publique par les rejets nocifs dans l’air et dans le milieu ambiant».
Au Sénégal on dénombre plus d’une dizaine d’usines qui font dans la production de farine de poisson, c’est pourquoi le président de Aprapam a invité nos autorités à plus de transparence dans la présence de ces usines et surtout sur la quantité qu’elles exportent «il y a une nébuleuse quant à l’implantation de ces usines. ce que nos autorités nous disent en termes d’exploitation de farine est diamétralement opposé à ce qui se passe sur le marché international».
Au terme de cette rencontre, ces acteurs vont porter aux autorités les résultats de leurs travaux. Ils comptent également défendre ces résultats par la mobilisation citoyenne/
abciss@lequotidien.sn

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