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Lors d’une opération de sécurisation nocturne à Mbour, les flics ont mis la main sur trois personnes, dont un kankourang, qui seront déférées aujourd’hui au Parquet pour participation à une manifestation non autorisée, trouble à l’ordre public, non-respect de l’arrêté du ministère de l’Intérieur et détention d’arme blanche.

Les sorties publiques du kankourang ne sont pas autorisées à Mbour à cause de l’interdiction des rassemblements décrétée pour lutter contre la propagation du coronavirus. Malgré le communiqué de la Collectivité mandingue fustigeant les sorties nocturnes de kankourang de manière intempestive, il y a encore quelques personnes qui résistent. Hier, elles ont trouvé sur leur chemin la police de Mbour qui a interpellé trois d’entre elles dont un kankourang. Un autre kankourang a pris la fuite. Elles seront déférées au Parquet du Tribunal de grande instance de Mbour aujourd’hui pour participation à une manifestation non autorisée, trouble à l’ordre public, non-respect de l’arrêté du ministère de l’Intérieur et détention d’arme blanche.
L’opération s’est déroulée hier entre 22h et 05h30. Elle a mobilisée 75 éléments du Grou­pement mobile d’intervention (Gmi) et du Commissariat central de Mbour et du poste de police de Diamaguène pour mettre fin aux agissements de certaines personnes non initiées, qui font des sorties nocturnes du kankourang depuis un certain temps en toute illégalité.
La Collectivité mandingue, gardienne de cette tradition qui enfièvre la ville de Mbour chaque année à pareils moments, se démarque totalement de ces pratiques et condamne fermement ces initiatives «qui ne sont rien d’autre que des actes de sabotage avec un objectif à peine voilé de déstabilisation et de discrédit de notre collectivité. C’est inacceptable», fustige la Collec­tivité mandingue.
Pour dénoncer ces pratiques, la Collectivité mandingue a officiellement saisi les autorités, notamment le commissaire de la Police centrale qui, du reste, s’est engagé à prendre les dispositions idoines pour mettre fin aux violations répétées des décisions administratives en cette période de pandémie. En tout état de cause, la Collectivité mandingue «réaffirme son engagement ferme et irréversible à conduire ses activités dans le cadre des lois et règlements de notre pays. Mais ne saurait en aucune façon accepter que sa tradition multiséculaire soit bafouée, souillée, profanée et banalisée par des individus malintentionnés».
Cette année, la sortie du kankourang, qui est prévue en septembre, risque de ne pas avoir lieu à cause de la pandémie qui sévit dans le pays depuis mars.

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