PARTAGER

Pour éviter que les enfants des écoles coraniques soient exposés aux risques de contamination au coronavirus, les autorités du département de Mbour procèdent au convoi de 790 enfants issus de 33 daraas vers leur localité d’origine.

Le préfet du département de Mbour et le Secrétaire général du ministère de la Famille ainsi les membres du Comité départemental de protection de l’enfant (Cdpe) ont procédé hier à la préfecture de Mbour, au lancement de retour volontaire de 790 enfants de la rue issus de 33 écoles coraniques du département de Mbour. Cette opération est une réponse à une demande de la plupart des acteurs de Mbour qui, au plus fort de la pandémie du Covid-19, se sont tous souciés des conditions d’existence des talibés. Et c’est ainsi que sur instruction du ministre en charge de la Famille et de la  protection de l’enfant, le Cdpe (Comité départemental de protection de l’enfance) a travaillé à faire en sorte que ces enfants soient retirés de la rue et qu’ils ne soient plus exposés aux risques de contamination au coronavirus.

«Tous ces enfants étaient exposés à des risques énormes»
Mamadou Diène, le directeur du centre  social de Nianing, membre du comité restreint du Cdpe, est revenu sur l’organisation de ce retour massif des enfants de la rue. «Nous avons travaillé en bonne intelligence avec ces maîtres coraniques juste pour les sensibiliser sur la situation de ces enfants surtout avec la pandémie du coronavirus qui sévit. Nous savons tous que ces enfants qui déambulent dans les rues de Mbour, du matin au soir, étaient exposés à des risques énormes et cela a abouti aujourd’hui avec trente-trois daaras qui se sont portés volontaires avec sept cent quatre-vingt-dix enfants qui seront retournés dans leur famille d’origine. Il s’agit exactement des régions de Saint-Louis, Kaffrine, Tamba et Sédhiou. Aujourd’hui, c’était  le lancement symbolique et pour éviter les rassemblements, ce sont les daaras qui vont retourner pour la région de Kaffrine», a déclaré M. Diène.
Cette opération ne va pas s’arrêter en si bon chemin, elle va se poursuivre. Car dans trois à quatre jours, le Cdpe  bouclera  la liste des daaras  inscrits. «Certains partiront la nuit d’aujourd’hui pour se rendre vers le Fouta et d’autres quitteront le dimanche. Véritable­ment, le comité se réjouit de ce travail qui a été fait et qui a bénéficié de tous les accompagnements, non seulement de l’autorité administrative locale mais aussi de la Direction de la protection de l’enfance du ministère de la Famille. Ainsi nous ne nous limiterons pas à ça. Donc, il y a d’autres étapes qui nous attendent car les enfants sont toujours dans les ruelles de Mbour. Notre objectif est de zéro enfant dans la rue et c’est possible. Nous allons y arriver avec l’appui et le soutien nécessaires des autorités nous arriverons à bon port», assure Mamadou Diène, le directeur du centre social de Nianing.
Mor Talla Tine, le préfet du département de Mbour, s’est dit satisfait du déroulement de cette opération tout en remerciant le ministre de la Famille et de la protection de l’enfant d’avoir mobilisé les moyens nécessaires pour rendre opérationnelle cette initiative qui a permis à ces enfants de voyager dans de bonnes conditions et retrouver leurs parents dans de meilleures conditions.
Selon lui, ceci n’est qu’un début. «Il faut que cette problématique fasse l’objet de concertation élargie pour qu’ensemble nous puissions définir une stratégie qui devrait nous permettre, en tout cas, de retirer tous les enfants parce que Mbour s’illustre, malheureusement, assez négativement. Aujourd’hui, il suffit de faire un tour vers la station balnéaire pour constater que les enfants de la rue, y compris les talibés, importunent les touristes qui viennent pour profiter  des conditions de séjour qu’offre la station balnéaire et cela donne une mauvaise image», fait remarquer l’autorité administrative. Avant d’ajouter : «En tout cas, je pense que le travail qui est entamé par le Cdpe va déboucher à terme sur l’élaboration d’un plan d’actions. Cette dimension devrait nous permettre en tout cas d’être beaucoup plus actifs pour que les enfants de la rue soient mis dans d’excellentes conditions.»
Poursuivant ses propos, Mor Talla Tine a invité le Cdpe à travailler à ce que ces enfants puissent rester dans leur terroir d’origine. Et cela passe nécessairement par la mise en œuvre d’initiatives de réinsertion aussi bien pour ces enfants mais également pour les maîtres coraniques.

Pour une implantation des daaras beaucoup plus normalisée
Mais pour y arriver, il a sollicité la mobilisation de tous les acteurs pour que l’implantation des daaras se fasse de façon beaucoup plus normalisée. «Il faut s’assurer que celui qui doit enseigner à ces enfants le Coran et les rudiments nécessaires ait les aptitudes pour le faire correctement, malheureusement ce n’est pas souvent le cas. Alors, il faut également que toute la communauté s’assure que les conditions dans lesquelles  les enfants vont évoluer sont meilleures pour accepter  qu’un daara puisse s’implanter dans un quartier ou dans un village. Donc, c’est un travail d’ensemble qui nécessite une synergie, nous prendrons le temps nécessaire pour mener les concertations pour amener en tout cas tous ces acteurs à adhérer à cette ambition», a conclu le préfet de Mbour, Mor Talla Tine.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here