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Le ministre de la Justice soutient que Aïda Ndiongue va recouvrer ses biens saisis par la Crei après son non-lieu et non ceux saisis par la Cour suprême dans la procédure de détournement de deniers publics.

La Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) a ordonné le non-lieu pour Aïda Ndiongue. Mais si cette dernière doit recouvrer ses biens, ce sera dans le volet du dossier portant détournement de deniers publics et non celui relatif à la Cour de répression de l’enrichissement illicite. C’est la précision du ministre de la Justice qui installait hier le Tribunal de grande instance de Mbour. «Dans cette affaire, il y avait deux procédures distinctes. La première qui a été tranchée par les juridictions de droit commun, à savoir le Tri­bunal de grande instance de Dakar, la Cour d’appel et la Cour suprême. Ces décisions portaient sur l’escroquerie et le détournement de deniers publics. Sur ces questions, la Cour suprême a condamné Mme Aïda Ndiongue et ordonné la confiscation de ses biens. La deuxième procédure, c’est celle qui vient de se dérouler avec la décision de la Crei. Elle porte sur le délit de corruption et d’enrichissement illicite. Mainte­nant, la commission d’instruction, au terme de son instruction, a considéré qu’on ne peut pas la juger pour ces délits. Et donc, elle a ordonné le non-lieu et la restitution de ses biens qui étaient saisis par la Crei et non ceux saisis par la Cour suprême», explique Ismaïla Madior Fall. Il souligne par conséquent : «La décision qui vient d’être rendue par la commission d’instruction ne remet pas en cause la décision qui a été rendue par la Cour suprême parce que dans la pyramide judiciaire, la Cour suprême est au-dessus de la commission d’instruction de la Crei et de la Crei.»

«Cette décision montre à souhait que la justice est indépendante»
Cela dit, le garde des Sceaux invite au respect des décisions de justice, «qu’elles soient favorables ou défavorables». «Cette décision montre à souhait que la justice est indépendante. Maintenant, le problème qu’on a dans le pays, c’est que, quand la décision de la justice nous est favorable, la justice est indépendante ; quand elles nous sont défavorables, la justice n’est pas indépendante. Je pense qu’il faut arrêter cela et respecter les décisions de justice quelles qu’elles soient», a déclaré Ismaïla Madior Fall. A l’annonce du non-lieu de Aïda Ndiongue, Me Seydou Diagne a salué «le courage» et «l’indépendance des juges dans ce dossier».
abciss@lequotidien.sn 

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