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Il sera difficile d’épuiser le débat sur la nécessité de rouvrir les salles de classe le 2 juin, date retenue en pleine pandémie du Covid-19. A Mbour, les syndicats d’enseignants semblent y aller à reculons, en l’expliquant par l’insuffisance des mesures prises par l’autorité.

A quelques semaines de la reprise des cours, les syndicats ne sont pas rassurés par le dispositif mis en place par l’Etat pour assurer la sécurité des enseignants et des potaches. A Mbour, les syndicats, qui ont rencontré ce week-end le préfet pour voir les modalités techniques de cette réouverture inédite, ont dénoncé «la précipitation du gouvernement à vouloir ouvrir les salles de classe sans mesures de sécurité» et ne sont pas «convaincus» des mesures de sécurité prises par l’Etat. Selon Diockel Faye, secrétaire général départemental du Cusems et coordonnateur du G7 à Mbour, cette reprise est impertinente même s’ils admettent qu’en tant qu’agents de l’Etat, ils sont tenus de rejoindre leur poste. En attendant, il liste les exigences du syndicat qui sonnent presque comme un mot d’ordre : «Qu’aucun enseignant n’accepte d’entrer dans une salle de classe sans que les conditions minimales requises, que sont les gestes barrières, ne soient respectées ! Mais également que l’Etat accepte de respecter ces règles du début jusqu’à la fin !»
A la sortie de la réunion avec le préfet de Mbour, les doutes ne se sont pas dissipés alors que la date de reprise se précise davantage dans l’esprit des autorités publiques. «Nous avons l’impression qu’il y a un jeu de ping-pong entre l’Etat et les autorités politiques que sont les présidents de Conseil départemental et les maires. L‘Etat va déléguer certaines responsabilités au niveau des maires et président de Conseil départemental. C’est pourquoi nous avons des inquiétudes quant à la faisabilité parce que c’est sûr et certain qu’il y aura des manquements. Et quand nous constaterons qu’il y a des manquements, nous allons revoir notre position», prévient le secrétaire général départemental du Cusems et coordonnateur du G7 à Mbour.
Quid du respect de la distanciation physique, surtout dans certaines salles où il y a parfois 110 élèves ? «Vous prenez ce nombre et vous le divisez par 20, une seule classe peut se démultiplier en 4 ou 5. Ce qui va poser un problème pour le professeur qui avait l’habitude de faire cours dans cette classe et qui va tenir trois autres classes comme celle-là. Vous multipliez cela par trois, vous aller avoir 15 classes. Où est-ce que vous allez trouver un personnel enseignant capable de prendre en charge toutes ces classes ? Cette mesure de distanciation, on va peiner pour pouvoir l’exécuter», tranche Diockel Faye.
Par ailleurs, le patron du Cusems de Mbour juge faible la dotation en masques qui constitue l’outil le plus essentiel des gestes barrières. Il dit : «Trois masques seulement pour chaque élève et pour chaque enseignant, or les mesures d’hygiène sont claires : un masque vous devez l’utiliser pendant trois heures. On vous donne trois masques pour toute la fin de l’année, ce qui fait qu’il y a des risques énormes de contamination sur les élèves et les enseignants. L’Etat veut jeter en pâture les enseignants et les élèves.»
Malgré ces inquiétudes, Mor Talla Tine, préfet de Mbour, a tenté de rassurer les enseignants sur les mesures de sécurité prises pour une bonne réouverture des classes dans le département. Pour nettoyer les écoles, le préfet a invité les maires à travailler avec les sous Brigades d’hygiène pour des opérations de nettoiement et de désinfection avant la date butoir du 25 juin.

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