PARTAGER

Me Alassane Cissé a plaidé l’acquittement pour son client Matar Diokhané. Selon lui, il a été diabolisé par les enquêteurs qui ont installé la psychose dans le pays, alors qu’ils n’ont rapporté aucune preuve à la barre.

«Une atteinte a été portée à l’honneur de ces personnes.» C’est l’avis de Me Alassane Cissé qui défend les intérêts de Matar Diokhané, considéré comme l’une des pièces du puzzle et qui risque la prison à perpétuité. Selon l’avocat, les enquêteurs ont décrit des événements ayant eu lieu au Nigeria sans même mettre leurs pieds dans ce pays et incriminé une trentaine de personnes sur cette base. «Ainsi, ils ont diabolisé les accusés en installant la peur et psychose dans le pays», dit-il. La preuve, poursuit l’avocat, Matar Diokhané ne connaît même pas Abu Anwaar qui lui a été sorti dans le procès-verbal d’enquête. Pourtant, «quand ils se sont renseignés sur Diokhané, on leur a informé de l’exemplarité du comportement avec laquelle Dio­khané a toujours fait montre, mais ces qualités n’ont pas été rapportées dans le procès-verbal d’enquête», déplore la robe noire.

«Il y a une grande insécurité judiciaire dans ce procès»
Toutefois, l’avocat croit connaître la raison d’une telle démarche. «On veut vaille que vaille trouver un terroriste», accuse-t-il. En réalité, dit-il, il n’existe pas de faits correspondants à des incriminations aussi graves pour lesquelles ils comparaissent devant la Chambre criminelle. Estimant alors que l’enquête n’a aucune validité, Me Cissé renouvelle sa confiance à la Chambre. «Vous êtes le rempart contre ses sentiments d’insatisfaction, à travers la motivation qui sera celle de votre juridiction. Nous avons besoin de comprendre qu’elle est la passerelle qui existe entre le procureur et le juge d’instruction», sollicite-t-il en rappelant que le ministère public, dans son réquisitoire, a largement revu à la baisse les accusations retenues contre Matar Diokhané. «Tout le monde l’a entendu dire qu’aucun acte terroriste n’a été posé par Matar Diokhané. Il n’y a pas de place pour l’insécurité judiciaire», prévient-il. Tout en demandant à la Chambre d’expliquer la raison de la présence dans cette affaire de Alioune Badara Sall et de son client. «Leur présence dans ce dossier est la plus grande insécurité judiciaire en ce sens que Alioune Badara Sall est un entrepreneur à qui mon client a confié des travaux. C’est le prototype de la personne qui n’a rien à faire dans le procès», explique Me Cissé. Il dit : «Matar Diokhané n’est pas membre de Boko haram. Il n’a reçu qu’une proposition de contrat. Mais mieux, il a voyagé seul.  Ce qui signifie qu’il n’a embarqué personne pour aller au Nigeria et que lui-même n’a été embarqué par personne pour aller dans ce pays.» Qui est-il alors ? «La seule arme de Matar Diokhané c’est sa foi, son courage et ses connaissances. Quand il est allé rencontrer Shekau, il ne le connaissait pas, il ne l’avait jamais rencontré et ne savait pas aussi à quoi il ressemblait», précise Me Cissé qui montre que l’accusation n’a rien démontré à la barre. Me Cissé explique : «Beaucoup attendaient à des révélations horribles parce qu’il était dit qu’il était le cerveau, qu’il avait orchestré le recrutement des présumés djihadistes, mais finalement, on l’a admiré. Aucune démonstration ne vous a été faite qu’il a recruté une seule personne.» Finalement, il a plaidé l’acquittement.
justin@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here