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Me Babacar Ndiaye prend la parole. Dans une plaidoirie sans détour, le patron du basket sénégalais fait le tour du panier. Entretien.

Quel bilan tirez-vous de la présente saison ?
Sur le plan international, nous avions eu plusieurs compétitions ; chez les filles, les garçons, les petites catégories ainsi que les éliminatoires de la Coupe du monde. On a joué chez les hommes le tournoi de Maputo, le tournoi de Dakar et celui de Lagos. Nous sommes deuxièmes de la poule derrière le Nigeria qui est déjà qualifié. Et on a besoin d’une seule victoire pour nous qualifier. Cette victoire-là, nous l’aurons au prochain tournoi, en février en principe. Ce n’est pas encore officiel, mais ce sera à Abidjan. Concernant les filles, elles ont participé à la Coupe du monde avec la meilleure participation d’une équipe nationale féminine depuis notre indépendance. C’est important. Les U18 se sont qualifiés à la Coupe du monde 2019 qui va avoir lieu du 27 juin au 7 juillet 2019 en Grèce. Grosso modo, la saison a été fructueuse sur le plan international. Maintenant sur le plan national également, nous avons terminé la première division où la saison a été bien organisée avec des matches aller-retour, une formule de poule unique chez les filles qui a permis de faire progresser nos joueuses. Il reste la deuxième division à terminer. Toutes les zones ont fini. Il reste simplement la zone de Thiès et la zone centre. Nous comptons organiser le tournoi national de montée avant le 15 novembre. A partir de ce moment-là, la saison sera clôturée.

Vous avez toujours du mal à finir la saison à temps …
La prorogation de la saison est due à plusieurs facteurs. Sur le plan international, il y avait beaucoup de programmes. Sur le plan interne aussi, comme vous le constatez, nous sommes en train de massifier le basket sur l’ensemble du territoire. Nous avons une deuxième division et il y a énormément d’équipes. Cette année, on a préféré ne pas organiser des tournois de zone comme ça se faisait avant. Mais plutôt des matchs de championnat aller-retour. C’était pour permettre aux équipes de recevoir dans leur propre fief. On a joué à Kaffrine, Passy, Fatick, Tamba, en deuxième division, à Matam, à Podor. C’est ce que nous sommes en train de faire pour vulgariser davantage le basket qui aujourd’hui ne se résume plus dans l’axe du Nord, à savoir Dakar, Thiès, Louga et Saint-Louis. C’est important. Parce que dans le cadre des conventions d’objectif que nous avons signées avec le ministère des Sports, une partie importante devait concerner la massification et le développement du basket de base. Ce que nous avons fait. C’était également une promesse électorale. Nous pensons qu’effectivement à ce niveau-là, c’est quelque chose d’important avant de passer maintenant à l’étape supérieure. Quand le basket sera massifié, il faudra nécessairement penser à créer maintenant une deuxième division d’élite. Quitte à le faire sous forme de deux poules : une poule Centre, une poule Nord et Est. Mais tout cela sera discuté le moment venu en Assemblée générale.

Justement, à quand l’Assemblée générale ?
Nous sommes en train de préparer une Assemblée générale extraordinaire pour revoir nos textes. Parce qu’il y a des réformes à apporter. Et nous avons mis en place au niveau du Bureau fédéral, une commission chargée de réfléchir et nous faire des propositions qui seront discutées au niveau du Bureau fédéral. Après cette réflexion sera soumise au Comité directeur pour validation. Et c’est après que le projet de texte sera transmis à tous les clubs du Sénégal qui auront maintenant un délai nécessaire pour étudier le document, faire des propositions avant la tenue de l’Ag extraordinaire pour adoption ou rejet.

La sélection masculine des U19 est qualifiée au Mondial. Est-ce que toutes les conditions seront prises pour une bonne préparation et une bonne participation ?
Pour les U19, nous avons de l’ambition. Parce que l’équipe est belle, talentueuse. Maintenant, il faut la renforcer. Donc on va voir partout dans le monde où il y a des Sénégalais âgés de moins de 19 ans pour pouvoir renforcer l’équipe. J’ai même une idée. C’est de créer un projet Coupe du monde U19-2019 qui sera mis en place très bientôt pour déjà commencer à préparer la Coupe du monde en termes de recherche de moyens d’abord, également en termes de prospection de jeunes talents. J’en parlerai à la prochaine réunion du Bureau fédéral. Si le Bureau fédéral est d’accord, on mettra en place cette commission pour préparer d’ores et déjà la Coupe du monde U19 où je pense que nous avons des chances.

Quels sont les objectifs assignés au staff des U19 ?
Je ne peux pas tout de suite en parler. Il faut peut-être en discuter d’abord avec le Bureau fédéral, la Direction technique et l’entraineur avant maintenant de nous fixer des objectifs. Mais l’objectif, on peut dire que ce sera quand même une bonne participation. Je voulais d’ailleurs profiter de la question pour parler de la Bourse olympique. Je précise simplement que les compétitions de 2019 vont être qualificatives aux Jeux Olympiques 2020. Par exemple, c’est la meilleure équipe africaine chez les garçons à la Coupe du monde en Chine qui va se qualifier aux Jo. Egalement les compétitions de 2019 chez les filles sont qualificatives aux Jo. C’est peut-être le moment et le lieu pour moi de lancer un appel au Comité national olympique et sportif sénégalais (Cnoss). Je sais que la Bourse olympique a été attribuée au handball pour la deuxième année consécutive, mais nous pensons que, compte tenu des performances qui ont été réalisées par nos équipes de basket, à savoir les Lionnes à la Coupe du monde et le niveau des Lions qui sont tous susceptibles de se qualifier aux Jeux Olympiques, que le Cnoss effectivement devrait faire un effort pour nous aider davantage dans la préparation et la participation de nos équipes dans ces compétitions de 2019. Je précise que sur le plan collectif, nous étions la seule discipline sénégalaise à nous qualifier aux Jeux olympiques de 2016, à Rio. Donc, c’est un appel que je lance au Cnoss. Nous sommes tous d’une même famille, mais nous pensons que le basket, compte tenu de ses performances, compte tenu de notre palmarès et de nos chances de nous qualifier, mérite une Bourse olympique. Nous méritons quand même d’être soutenus à ce niveau-là. Parce que l’Etat ne peut pas tout faire.

Quelle lecture faites-vous de la nouvelle formule de qualification au Mondial chez les filles et les garçons ?
En fait, tout est à l’état de projet. Nous n’avons reçu aucun document au niveau de la fédération concernant cette nouvelle formule. J’ai lu dans la presse comme tout le monde qu’il y aura des éliminatoires et que, après, il y aurait même en fait un tournoi qui va regrouper l’Afrique avec d’autres continents. Ce que je ne comprends pas. Parce que, pour moi, la Coupe du monde doit regrouper les équipes de chaque continent et vu le parcours qui a été fait par le Sénégal et le Nigeria à Tenerife, l’Afrique mérite beaucoup plus de places. L’Afrique n’a donc pas besoin d’aller se confronter avec l’Asie, avec l’Océanie pour pouvoir obtenir des équipes qualifiées. Donc le Nigeria a joué les quarts de finale du dernier Mondial et le Sénégal les huitièmes de finale. Aujourd’hui, nous avons montré que le basket féminin africain a le niveau mondial. Donc ce débat-là doit être posé. On doit jouer les qualificatifs, je suis d’accord, mais dans la zone Afrique et sortir entre nous les pays africains qui vont se qualifier. Je ne vois vraiment pas l’utilité et la pertinence de faire un deuxième tournoi avec d’autres continents.

Avec la nouvelle salle de basket, le Dakar Arena, la fédération a-t-elle l’ambition d’organiser une compétition internationale dans le court terme ?
Moi, je suis d’abord pour une compétition africaine comme l’Afrobasket 2019. Je formule toujours cette requête pour avoir l’autorisation de déposer notre candidature. Je n’en ai pas parlé officiellement avec le ministre des Sports. Mais vous savez l’année 2019, il y a d’abord l’élection en février. C’est la raison même pour laquelle on ne pourra pas organiser le tournoi des éliminatoires de la Coupe du monde. Après l’élection, on pourra obtenir de nos autorités une décision pour rentabiliser, mettre en valeur et utiliser le Dakar Arena. Je l’avais dit lors de l’inauguration, c’est la meilleure façon pour nous de remercier le président de la République. Depuis son inauguration, le Dakar Arena n’est pas utilisé. J’avais formulé une requête consistant à permettre à nos équipes nationales, pendant les regroupements, de s’entrainer là-bas. La société qui gère Dakar Arena n’avait pas donné un avis favorable. Aujourd’hui, nos bureaux sont là-bas mais ils sont fermés. Nous pensons qu’aujourd’hui le Dakar Arena doit être mis à la disposition de la famille du basket pour être utilisé. Ce n’est pas un meuble. Aujourd’hui, j’ai une idée. C’est de démarrer la saison de basket 2018-2019 par une journée non-stop à Dakar Arena. On va essayer de voir les modalités pratiques pour y jouer par exemple de 10h à 20h. Faire venir toutes les équipes du Sénégal et jouer pendant toute une journée là-bas pour montrer que Dakar Arena est devenu quand même une infrastructure fonctionnelle.

Qu’attendez-vous des Jeux Olympiques de la Jeunesse que le Sénégal va organiser en 2022 ?
Dans l’organisation, je ne sais pas. Mais dans la compétition on aura droit à la formule de basket 3 contre 3 (3×3). Maintenant on va se préparer. Lors de notre dernière réunion, nous avons posé le problème du développement du basket 3×3. Et j’avais demandé à tout un chacun de réfléchir sur la question et de venir avec des idées lors de la prochaine réunion du Bureau fédéral. Je pense à mon niveau qu’il faut peut-être mettre en place une commission de basket 3×3. Il va s’agir de mettre en place des équipes de petites catégories de basket 3×3.

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