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Cheikh Oumar Anne avait annoncé une plainte contre l’ancienne présidente de l’Ofnac. Ses avocats l’ont officialisée hier et espèrent la voir le 10 mars prochain au Tribunal.

Cheikh Oumar Anne n’épargne personne. En tout cas, les acteurs du livre Scandale au cœur de la République : le dossier du Coud. Après l’auteur Pape Alé Niang et le préfacier Mody Niang, il a servi une citation directe à l’ancienne présidente de l’Ofnac, Nafi Ngom Keïta. C’était d’ailleurs l’objet de la conférence de presse de ses avocats hier. «J’espère qu’elle aura le courage de comparaître pour l’audience qui est prévue le 10 mars», a dit Me Baboucar Cissé à emedia.sn. L’ancien directeur du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud) avait annoncé la couleur d’une plainte contre le journaliste et l’ancienne présidente de l’Ofnac le jour même de la cérémonie de dédicace du livre en question. En marge de la deuxième journée du «cleaning day» qu’il organisait dans son fief à Ndioum, il avait déclaré : «Mme Nafi Ngom Keïta veut faire de moi un symbole national de la mal gouvernance. Je ne peux l’être, car il n’y a pas de mal gouvernance sous le régime du Président Macky Sall. Je me dresserai contre mes détracteurs pour faire prévaloir les valeurs et les principes qui ont guidé tout mon cheminement, de ma naissance jusqu’à ce jour. Ils ne peuvent pas me faire chanter. Il faut que la justice s’en mêle et ils répondront de leurs actes de chantage posés depuis 2016.»
Dans sa première citation, M. Anne réclame 10 milliards de francs Cfa au journaliste, sollicite du juge qu’il ordonne «le retrait du livre du marché et l’arrêt de sa commercialisation» ou alors «le retrait de tous les passages diffamatoires ; et le tout, sous astreinte de 10 millions F Cfa par jour de retard». L’ancien directeur du Coud estime que Pape Alé Niang a formulé des «accusations d’une exceptionnelle gravité» contre lui «sous prétexte de se fonder sur un rapport de l’Ofnac». Pour Mes El Hadj Diouf et Baboucar Cissé, il a présenté l’actuel ministre de l’Enseignement supérieur comme un «véritable prédateur financier», voire «un délinquant à col blanc» qui, durant sa gestion, a considéré cet établissement comme «la vache à lait de tous les régimes politiques». Les conseils de M. Anne ciblent également les propos du journaliste qui ajoute dans son livre qu’il «a bel et bien agi dans le respect de la tradition en matière de malversations» et qu’il est un «as du fractionnement des marchés publics». Quant à Mody Niang, Cheikh Oumar Anne n’a pas digéré qu’il qualifie sa gestion de «l’un des plus gros scandales de la gouvernance sobre et vertueuse du Président politicien».

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