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Le Président Macky Sall n’a pas droit «juridiquement et du point de vue éthique» à un troisième mandat, selon Me Boucounta Diallo. Tout comme d’ailleurs son ami et client le Président Alpha Condé qui veut tenter cette aventure en Guinée.

La hantise du 3ème mandat plane sur le Sénégal et sa voisine la Guinée. Pour l’avocat Me Boucounta Diallo, ami et conseiller du Président Alpha Condé, ce dernier et Macky Sall n’ont pas le droit de se présenter à nouveau pour les échéances électorales à venir. Pour le cas du Président Macky Sall, le juriste est formel : «Par éthique, par bon sens, il n’a pas le droit et juridiquement également, il n’a pas le droit, car il faut être clair. S’il (Macky Sall) est dans l’obligation de se taire pour ne pas animer et susciter des vocations immédiates, ce n’est pas le cas des citoyens responsables, des cadres de ce pays qui doivent s’exprimer sans ambages.» De son avis, ce débat juridique entre anti et pro 3ème mandat doit cesser car, dit-il, «il n’a pas sa raison d’être, c’est dépassé». D’ailleurs l’avocat ajoute : «C’est un juridisme inutile. Un texte n’a pas besoin d’autant de clarification pour recevoir application. Un texte a besoin d’acteurs qui sont mus par les valeurs que je viens tout à l’heure de développer pour que ces textes s’appliquent.» Hier, face au «Grand jury» de la Rfm, Me Boucounta Diallo a rappelé que «lorsque la rédaction (d’un texte) prête à confusion, on doit retourner à l’esprit du constituant, de la loi». Et de poursuivre : «Pourquoi rechercher coûte que coûte un texte parfait ? Cela n’existe pas souvent. Et lorsqu’on veut des juristes tailleurs pour se faire façonner un texte de circonstance, c’est facile de l’obtenir. Mais lorsqu’on se dit pourquoi on s’était battu, pourquoi on avait réformé la Constitution ? C’était pour ce qu’on a vécu le 23 juin (2011), pour que plus jamais cela ne se reproduise. C’est cela l’esprit du constituant.»

«Ce que je n’ai pas permis à mon ami Alpha Condé, je ne
le permettrai à qui que ce soit»
C’est pourquoi pour Me Diallo, dans ce débat, on doit surtout éviter de prolonger les remarques fondées sur les lacunes de la loi. Il a cité l’exemple des Etats-Unis où la Constitution dit que le mandat du président de la République est de 4 ans renouvelables. «On ne dit pas une fois, deux fois. Mais chaque fois que quelqu’un fait deux mandats, il s’en va», souligne-t-il. Il ajoute que la Constitution n’est pas un «cahier de brouillon» qu’on peut manipuler à sa guise. «Je l’ai dit et je le répète : ce que je n’ai pas permis à mon ami Alpha Condé, dont je suis l’avocat de surcroît, je ne le permettrai à qui que ce soit. Ce que je n’ai même pas permis au Président Senghor, que j’ai même influencé pour lui donner même les termes qui lui permettaient de partir et de confirmer son départ… Et lorsque je me suis battu aussi avec le M23 à côté de tout le monde et des partis politiques pour empêcher l’autre mandat de trop du pouvoir libéral en place, tout cela, je ne l’ai pas fait pour rien», argue Me Boucounta Diallo. Il estime qu’au nom de tous ces combats et de ces martyrs qui sont tombés sur le champ de l’honneur, «personne n’a le droit d’oublier le sacrifice de ces hommes, de ces valeureux fils dont encore les parents pleurent la disparition». Pour toutes ces raisons, ajoute-t-il, «nous avons l’obligation morale, encore une fois, d’honorer leur mémoire en respectant les valeurs que nous avons partagées pendant qu’ils étaient en vie».

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