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Le projet de loi criminalisant les actes de viol et de pédophilie devant être soumis aux députés lundi prévoit un durcissement des condamnations, lesquelles pourront aller jusqu’à l’emprisonnement à perpétuité à l’encontre d’éventuels coupables, a expliqué vendredi, à Dakar, le ministre de la Justice Malick Sall. «Ce projet de loi a prévu de renforcer les sanctions. Il a décidé de criminaliser les viols et la pédophilie. Cela signifie que certains auteurs de ces actes horribles pourront être condamnés à perpétuité», a dit le garde des Sceaux à un atelier consacré audit projet de loi, selon l’Aps. «Cela signifie que vous resterez enfermé dans une prison toute votre vie. Nous pensons qu’une perspective pareille serait de nature à faire réfléchir les gens dotés d’un esprit de discernement avant de commettre de tels actes», a ajouté M. Sall à cette rencontre organisée par le Collectif des femmes parlementaires. Il a affirmé que cette loi sera appliquée dans toute sa rigueur, au cas où les gens ne seraient pas sensibles à la dissuasion pour passer à l’acte.
Le viol et la pédophilie, autrefois considérés comme des délits avec des peines de 3 ans d’emprisonnement, seront, après l’adoption de la loi prévue, considérés comme un crime avec des lourdes peines. «Les femmes sont les mieux indiquées pour porter cette loi et la vulgariser non seulement au niveau national, mais également sur le plan international afin de servir d’exemple», a-t-il estimé. Pour lui, cette loi constitue un changement de paradigme dans la gestion de viol et de pédophilie, soulignant que cet atelier offre aux acteurs l’occasion de se familiariser avec ce projet avant sa promulgation. «Nous en appelons à l’implication de tout un chacun dans cette lutte contre les agressions sexuelles, par la dénonciation des actes dont on a eu connaissance, mais en concourant autant que possible à la collecte et à l’administration d’éléments de preuves», a-t-il plaidé.

706 femmes victimes de viol entre 2016 et 2017
En écho, la présidente du Collectif des femmes parlementaires, Awa Guèye, rappelle qu’avec cette loi, «(…) 20 ans après la réforme du Code pénal, le Sénégal va pouvoir franchir une nouvelle étape afin de garantir une plus grande protection» aux femmes et enfants, «particulièrement exposés» aux phénomènes de viol et de pédophilie, a-t-elle déclaré.
L’année 2019 «s’avère être particulièrement dramatique pour toutes les femmes», a déploré la députée, soulignant que «les données statistiques ont montré la recrudescence des violences sexuelles dont les femmes sont victimes». Ces «actes ignobles ont souvent débouché sur les meurtres, n’épargnant même pas les enfants», a-t-elle dit, ajoutant que les femmes attendaient «vivement de l’Etat, sur ce dossier, une sévérité dissuasive à l’égard des auteurs de ces actes indignes (…)». «En co-organisant ce panel, le collectif s’inscrit dans une logique permettant une appropriation du texte par l’ensemble des parties prenantes», a-t-elle dit. A l’en croire, cette réforme consacre «l’aboutissement des combats menés par les femmes à côté desquelles se trouvent des hommes résolument engagés pour la défense de la cause féminine».
La directrice de la Famille au ministère de la Femme, Fatou Ndiaye Dème, a souligné que selon une étude, sur les 6 289 cas de violence enregistrés en 2018, 1 321 concernent des cas de viol. S’appuyant sur les statistiques de la Cellule de traitement des affaires criminelles du ministère de la Justice, elle a relevé qu’au cours des deux années précédentes, 565 dossiers sont liés à des infractions sexuelles telles que le viol et la pédophilie. «Entre 2017 et 2018, 706 femmes et filles ont été victimes de viol conduisant à la mort. Pis, en 2019, 14 femmes ont été tuées suite à un viol, dont 3 mineurs en état de grossesse», a-t-elle déploré.

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