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«Tout enfant qui est né en dehors de cette période de présomption de paternité n’était pas reconnu volontairement par son père. Donc, on ne peut pas sur la base de ça établir sa filiation. C’est interdit par l’article 19. Maintenant à l’heure des droits de la femme, les droits-de-l’hommistes que nous sommes, estimons que cette disposition fait partie de ce que j’appelle les dispositions légales discriminatoires. Elle installe une certaine discrimination entre l’homme et la femme. Il suffit que le présumé père décline pour qu’on se retrouve dans l’impossibilité de décliner la filiation de l’enfant. A partir de ce moment, l’enfant sera déclaré par sa mère qui va lui donner son nom. Dans la partie père, il n’y aura absolument rien. C’est une forme de violence basée sur le genre. Depuis 2016, le ministère de la Justice a créé un Comité pour la révision des dispositions discriminatoires. Le Comité sénégalais des droits de l’Homme faisait partie de ce comité. Un travail extraordinaire a été fait. Ce qui montre la volonté du gouvernement d’harmoniser nos dispositions internes par rapport aux conventions internationales que le Sénégal a ratifiées. Un manque de volonté politique du gouvernement depuis 2016 ? Je ne le pense. Les questions familiales sont très sensibles. Il y a la culture, la coutume, les réalités sociologiques, la religion… Il y a ce qu’on appelle les stéréotypes. Il faut faire attention. Il n’est pas facile de légiférer en matière familiale parce que c’est sensible. Je comprends les lenteurs. Ce ne sont pas des réformes très faciles.»

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