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Hier, en sit-in à la Maison de la presse, les travailleurs de l’Agence de presse sénégalaise (Aps) ont accentué la pression sur la direction par rapport à la modernisation accélérée de la boîte, ordonnée par Macky Sall en Conseil des ministres.

La colère ne tombe pas à l’Agence de presse sénégalaise. Les instructions du président de la République, Macky Sall, lors du Conseil des ministres de mercredi n’ont pas refroidi l’ardeur des agents. Hier, ils ont tenu un sit-in dans la cour de la Maison de la presse où l’Aps est logée. «Parent le plus pauvre des médias publics». Sur une banderole est flanquée cette phrase qui montre le dénuement dans lequel se trouvent les agenciers. «Egalité, dignité, équité», ce message sur les tee-shirts de couleur rouge est l’expression des maux qui rongent les travailleurs. Certains l’ont extériorisé avec des morceaux de tissu soit sur la tête, soit autour du bras. Par moments, le sifflement des vuvuzela s’invitait à la manifestation. Entouré du secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics), Ibrahima Khaliloulah Ndiaye, le secrétaire général de la section Aps a lancé un avertissement à la direction générale.
Sur un ton grave et menaçant, Bamba Kassé promet qu’«on ne leur donnera pas de temps parce que le chef qui leur donne les ordres leur a dit d’accélérer». Lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement, Macky Sall a exhorté ses services à accélérer le processus de modernisation de l’agence. «Nous voulons dans les meilleurs délais que les gens comprennent que le statut est devenu obsolète. Donc, qu’il le change et l’adapte à la réalité économique», prévient M. Kassé. Mais aussi, le syndicat réclame plus de moyens pour mieux assurer sa mission de service public. Pour lui, «une accélération, c’est à partir de 100 km/heure. Il faut que ça aille vite pour que nous puissions retrouver notre dignité», ironise-t-il.
Après avoir salué la réaction du président de la République sur la situation, le syndicaliste a rappelé que depuis plus d’une décennie, le personnel court après une revalorisation. Il a déploré aussi le fait que l’Aps ne soit pas présente sur toute l’étendue du territoire national. Evoquant toujours la situation précaire, Bamba Kassé a donné l’exemple de Diourbel où, d’après lui, le patrimoine est constitué tout simplement d’une chaise en fer et d’une table.
Par ailleurs, face à la presse, il est revenu sur la convocation du directeur général de l’Aps à l’Inspection du travail. Il dit : «8 points étaient inscrits dans la plateforme. Sur les 7 points, nous avons soit trouvé un accord, soit nous avons pris acte des réponses servies par la direction. Il y a un point de désaccord qui porte justement sur l’essence de notre revendication. Puisque notre revendication, ce n’est pas seulement de dire qu’on nous paye le mois de décembre. Ici, la règle c’est que vous soyez payé à partir du 10. C’est la règle. Il ne faudra pas que les gens fassent dans la désinformation. Ce n’est pas ça notre problème. Notre problème, c’est un problème d’existence.» Le Sg du Synpics pour sa part a exigé un siège pour l’Aps qui est provisoirement logée à la Maison de la presse.
msakine@lequotidien.sn

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