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Après la Radiodiffusion télévision sénégalaise (Rts), Tv5 et une chaîne camerounaise, Matar Silla avait lancé une chaîne panafricaine au Gabon. Après quelques années de fonctionnement, Label Tv fait face à des difficultés financières qui obligent son fondateur à restructurer et définir de nouvelles stratégies.

Par Mame Woury THIOUBOU

Plusieurs médias avaient déjà annoncé que les jours de Label Tv, la chaîne panafricaine mise en place par l’ancien directeur de la Radiodiffusion télévision sénégalaise (Rts), étaient comptés. Invité du «Jury du Dimanche» sur Iradio, Matar Silla confirme que sa chaîne traverse effectivement une mauvaise passe financière. «Après plus de 34 mois de fonctionnement, cette chaîne connaît des difficultés», a confirmé M. Silla au micro de Mamoudou Ibra Kane. Mais l’invité de l’émission «Jury du Dimanche» explique que la réflexion est en cours pour l’avenir de la chaîne dont le siège se trouve à Libreville. «Grâce à Dieu, je crois que nous ne fermerons pas. Nous survivrons d’une manière ou d’une autre. C’est pourquoi je parle de restructuration, de changement de stratégie, de changement programmatique», soutient M. Silla qui explique avoir mobilisé toutes ses ressources au profit de cette chaîne. «Il y a un moment où lorsque vous avez épuisé toutes vos ressources personnelles, vendu tout ce que vous pouvez vendre, tenu le coup, à un moment, il faut absolument revoir les choses. Mettre l’accent sur autre chose, diminuer l’onde satellite, aller vers la production, vers des alliances, prendre des participations dans des médias sur le continent.» Label Tv est une chaîne à vocation panafricaine, comme l’affirme son fondateur. La chaîne est en effet sur 6 satellites en réception directe et sans cryptage. Dans ses contenus également, elle affiche son caractère panafricaniste avec 99% de contenus africains en français et anglais et un personnel panafricain. Mais selon certains médias gabonais, les programmes du groupe n’ont pas véritablement accroché les téléspectateurs et les auditeurs comme l’avaient été ceux d’Africa n°1, la radio panafricaine (agonisante aujourd’hui) créée par Omar Bongo Ondimba dans les années 80.

Industrie
audiovisuelle
Matar Silla, qui a dirigé la Rts d’abord avant d’aller présider aux destinées de Tv5, jouit d’une solide expérience dans le domaine de l’audiovisuel. Il estime qu’il faut inscrire la culture et la communication comme une priorité nationale. «L’audio­visuel est important aujourd’hui parce que les modes de domination passeront de plus en plus par la manière de façonner les consciences, les habitudes de consommation de notre jeunesse, dans les accoutrements, les choses que nous mangeons. Plein de choses sont incrustées dans le mental des populations, des citoyens grâce aux médias. Je fais partie des gens qui croient que pour que nos pays s’en sortent, la culture au sens le plus large, incluant la communication, est une base fondamentale de la pyramide qui va aider à aller vers l’émergence.» Il faut ainsi, dit-il, une politique publique audiovisuelle agressive, dynamique, ambitieuse et qui donne de la place aux acteurs nationaux. Aujourd’hui, l’Afrique est un terrain favorable que se disputent plusieurs médias internationaux. «Si tous ces groupes s’intéressent au continent, ils ne viennent pas pour nos beaux yeux, ils viennent faire du business.» Au-delà de l’aspect culturel, l’audiovisuel est secteur économique dynamique, créateur de ressources, d’emplois, souligne-t-il. Convaincu que le potentiel existe, M. Silla exhorte les pouvoirs publics et les acteurs économiques à travailler à mettre en place une véritable industrie culturelle. «Au-delà de Nollywood aujourd’hui, le dynamisme de la production audiovisuelle en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Burkina Faso, comme dans d’autres pays, démontre à volonté que nous avons la capacité de construire une véritable industrie de la production audiovisuelle», explique-t-il.

12 à 14 milliards de dollars de publicité par an

Entre 12 à 14 milliards de dollars par an, c’est la manne financière que génère la publicité sur le continent africain. Mais malheureusement, une partie importante de cette somme ne profite pas à nos pays. Invité du «Jury du Dimanche» de Mamoudou Ibra Kane, Matar Silla a expliqué que «seule une portion congrue va aux médias du continent».

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