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Le journaliste ivoirien Manféi Anderson Diédri a remporté les Prix africains de fact-checking pour la catégorie francophone, décernés jeudi soir à Nairobi (Kenya) par Africa check, en collaboration avec l’African média initiative (Ami), a appris l’Aps. Dans la catégorie anglophone, le premier prix a été remporté par Arison Tamfu du Daily Journal au Cameroun, rapporte un communiqué, précisant que les deux lauréats ont tous reçu une récompense d’un montant de 2 000 dollars, soit 1,8 million de francs Cfa. Manféi Anderson Diédri, journaliste au site Ebrunie Today basé à Abidjan, a été choisi pour son article de fact-checking intitulé «L’Etat ivoirien spolie 11 000 hectares de terre à Famienkro», apprend-on des organisateurs. Ils signalent que l’article du lauréat francophone «renseigne que l’Etat de Côte d’Ivoire a octroyé à la Compagnie hévéicole de Prikro (Chp), filiale du groupe belge Siat (Société d’investissement pour l’agriculture tropicale), environ 11 000 hectares de terres à Famienkro, dans le département de Prikro». Une décision contestée par les populations de la localité située à 313 km d’Abidjan, dans le sud-est de la Côte d’Ivoire.
Le jury avait présélectionné 6 articles, mais «n’a pas décerné le 2e et le 3e prix chez les francophones», note le communiqué. Le lauréat francophone a été lui récompensé pour son article «The many falsehoods in President Biya’s laptop gift to Uni­versity students», qui «démonte l’annonce du gouvernement camerounais qui a récemment indiqué qu’il allait distribuer des ordinateurs portables gratuitement à tous les étudiants du pays pendant l’année académique 2016-2017». Les 2e et 3e prix ont été décernés à Adebayo Oketola du quotidien Punch (Nigeria) et à Phathizwe Mongezi Zulu du Mail & Guardian du Swaziland. Ade­ba­yo et Phathizwe ont été ré­com­pensés respectivement pour leurs articles «NigComSat-1R becoming white elephant four years after – investigation» et «Lies, public money and a redone Dc-9 in Swaziland». Sept articles étaient en compétition pour cette catégorie. Les prix africains de fact-checking, qui en sont à leur troisième édition, «cherchent à promouvoir le fact-checking et un journalisme de qualité dans la presse africaine», rappellent les organisateurs.
L’édition de cette année a enregistré pas moins de 130 candidatures en provenance de 22 pays d’Afrique (82 en anglais, 48 en français), ont-ils précisé. Ils annoncent pour l’année 2017 «une innovation de taille avec l’introduction de la catégorie ‘’meilleur article de fact-checking d’un étudiant en journalisme’’», une nouvelle catégorie destinée aux étudiants en journalisme pour laquelle il est prévu un prix pour les anglophones et un autre pour les francophones.
Africa check, qui a organisé cette compétition en collaboration avec Ami, se veut «une organisation indépendante et non partisane à but non lucratif» dont l’ambition est de promouvoir l’exactitude dans le débat public et les médias en Afrique. Créée en 2012, elle a ouvert des bureaux à Johannesburg, Dakar, Lagos et Londres. Elle s’étendra sous peu à d’autres pays d’Afrique.
Aps

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