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Face à une crise financière qui se manifeste depuis des années par l’absence de paiement régulier des salaires, les employés de l’Agence panafricaine d’information (Panapress) sont en grève illimitée depuis lundi.

Trois mois sans salaire, c’est le calvaire que vivent les employés de l’Agence panafricaine d’information (Pana­press). Ils ont entamé ce lundi 7 décembre 2020 une grève illimitée, «très» largement adoptée par vote. Ils réclament, en effet, le paiement d’un salaire régulier et le règlement de leurs 38 mois d’arriérés de salaire contractés au cours des sept dernières années. Depuis le début de cette année, ils n’ont reçu que deux salaires (en fin janvier et avril)  et des demi-salaires en fin mai, juin, juillet et août alors qu’en septembre 2018, le Conseil d’administration de l’Agence s’était engagé, entre autres, à payer leurs arriérés dans les six à douze mois qui allaient suivre, selon ces travailleurs. «Le 5 octobre dernier, la direction générale avait convoqué les représentants du personnel pour les informer d’un possible ‘’retard’’ de salaire et de la décision du Conseil d’administration de mettre en place un fonds d’urgence pour assurer la régularité des salaires en attendant de faire libérer les fonds nécessaires à l’apurement des arriérés et à la relance de l’agence, mais elle s’était refusée à se prononcer sur une échéance de paiement ni des salaires ni des arriérés», ont déclaré les employés dans un communiqué.
Par ailleurs, ils rappellent qu’ils ont rencontré des députés et un conseiller du président de la République du Sénégal pour leur exposer les difficultés financières qu’ils ne cessent de rencontrer depuis 2003 et le manque de perspectives dans leur carrière, surtout en termes d’avancement et d’augmentation de salaire. Ils ajoutent qu’après avoir exprimé «toute leur indignation», les députés ont promis de saisir les ministres de la Communication et des Affaires étrangères des pays membres de la Pana.
Les employés déplorent le fait que depuis 2003, leur agence traverse une crise financière à la fois structurelle et chronique qui s’est manifestée par l’absence de paiement régulier des salaires, le départ de la majeure partie du personnel du siège. En plus, les bureaux régionaux de Yaoundé au Cameroun (pour l’Afrique Centrale), Abidjan en Côte d’Ivoire (pour l’Afrique de l’Ouest), Nairobi au Kenya (pour l’Afrique de l’Est), Addis-Abeba en Ethiopie (siège de l’Oua/Ua), Lagos (Nigeria) et du Cap en Afrique du Sud (pour l’Afrique Australe) ont été fermés depuis, à cause des difficultés financières. «Nous avons tout donné à la Pana qui, en retour, n’a été que source de frustrations, de mécontentement, d’appauvrissement et de regrets pour son personnel», regrettent les travailleurs.
L’Agence panafricaine d’information, dont le siège est à Dakar, était un vieux projet de l’Organisation de l’unité africaine (Oua) qui a officiellement vu le jour le 25 mai 1983, avec la diffusion de ses premières dépêches. Elle a pour missions essentielles, entre autres, de servir de source d’information à la presse africaine et de fournir au monde entier des informations fiables, crédibles et positives sur l’Afrique, collectées, écrites et diffusées par des Africains.

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