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Après les évènements tragiques du 8 février, les fidèles Bissau-Guinéens vont retourner ce jeudi à Médinatoul Houda pour assister à la ziarra annuelle de Thierno Amadou Baldé, car le différend lié aux passavants qui est à l’origine de la mort d’un fidèle a été réglé avec la hiérarchie de la douane lors de son séjour à Médina Gounass.

Le village de Nianao, situé dans le département de Vélingara, frontalier à la Guinée Bissau, va encore ce jeudi connaître un intense mouvement de voitures et de motos en provenance du voisin du Sud. Ces engins vont transporter vers la cité religieuse de Médina Gounass des musulmans, fidèles au khalife des Peulhs Fouladou Thierno Amadou Baldé, qui avaient raté le voyage du jeudi 8 février dernier. Selon des proches du khalife de Médinatoul Houda (le nom donné à Médina Gounass par cette communauté), «cette autre ziarra est organisée à la demande des Bissau-Guinéens qui sont retournés chez eux après l’incident qui a causé la mort d’un des leurs, tué par un douanier le jeudi 8 février passé». Selon toujours notre interlocuteur, la ziarra est ouverte à tous les fidèles de Médinatoul Houda de tous les coins du Sénégal et des pays limitrophes.
Les malentendus nés du refus des Bissau-Guinéens à payer des passavants ont tout l’air d’avoir été résolus par la visite, la semaine dernière, à Médinatoul Houda d’une délégation de la direction générale des douanes, conduite par le colonel Abdou Khadre Diélany Niang, directeur des Opérations douanières. L’auto­rité douanière était venue présenter les condoléances de la douane au khalife Baldé qui les a acceptées dans une ambiance détendue.
Il faut rappeler que ce sera la 33ème édition de cette ziarra. Cet événement est organisé depuis le milieu des années 80, après la rupture avec les descendants de Thierno Mahamadou Saïd Ba, premier khalife de Médina Gounass. Au début, après la Tabaski, des groupes venaient toutes les semaines de tous les coins du Sénégal et surtout de la Guinée Bissau pour rencontrer leur marabout, recueillir ses prières, lui renouveler leur allégeance et écouter ses conseils et prêches. Pour éviter des mouvements de fidèles toutes les semaines de l’année, la communauté a décidé de retenir une même date pour tout le monde dans la première semaine de février. «Cette organisation a eu l’avantage de montrer l’importance des disciples et fidèles de Thierno Amadou, d’organiser des retrouvailles et de la familiarité entre des gens d’origines différentes, mais proches par leurs croyances et leur proximité linguistique et historique», a informé notre source.
akamara@lequotidien.sn

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