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La désunion des organisations patronales au Sénégal plombe la croissance économique du pays, selon le président du Conseil des entreprises du Sénégal (Cdes). Babacar Diagne appelle ainsi les organisations patronales à une grande confédération et sollicite l’annulation de l’Impôt minimum forfaitaire (Imf).

Le Sénégal souffre de l’inexistence d’une seule et unique organisation patronale qui se chargerait de faire des investissements lourds, d’accompagner l’Etat et de créer des emplois. Le constat est du président du Conseil des entreprises du Sénégal (Cdes). D’après Babacar Diagne, c’est à cause de cette dislocation que le chef de l’Etat voyage des fois sans le secteur privé, alors qu’il le faisait avant. «Il partait avec le secteur privé, mais il n’y a pas eu l’impact recherché. Alors que le Président a besoin de résultats, de financements pour réaliser ses projets. C’est ce qui fait qu’à un certain moment, il est allé chercher les Français, les Chinois pour qu’ils viennent faire des réalisations au Séné­gal», explique le président du Cdes. Pourtant, observe-t-il, les promoteurs sénégalais pouvaient bien faire ces réalisations «si et seulement si» ils avaient une seule et unique organisation patronale. «La désunion et la passivité du patronat plombent l’émergence exclusive du Séné­gal», regrette le président du Cdes. En guise d’exemple, il cite le Burkina Faso qui a une seule organisation patronale par qui passe la commande publique. Ce qui devait se faire au Sénégal. M. Diagne invite ainsi «le président Baïdy Agne, le président Man­sour Cama, le président Mba­gnick Diop, celui de l’Unacois, des Chambres de commerce et de métiers à fédérer autour d’une seule confédération d’investissement». Ce qui permettra, selon lui, de prendre en charge tous les besoins d’investissement du Sénégal. «C’est sûr et certain que si on met en place une plateforme d’investissement, nous serons accompagnés par l’Etat, parce que c’est ce qu’il cherche. Il va nous accompagner et tous les voyages du chef de l’Etat seront économiques, car c’est cela la finalité», commente-t-il. Et le rôle de l’Etat serait d’être derrière pour garantir, faciliter les contrats et les partenariats publics-privés avec les autres structures. «En ce moment-là, nous aurons la mainmise sur l’ensemble des marchés du Sénégal. Même le Ter pouvait être porté par le patronat sénégalais et ce dernier ira chercher des partenaires à l’extérieur.» Il informe que le Cdes déroule, par ailleurs, avec le ministère du Commerce et certains bailleurs un projet innovant appelé la Maison de l’entreprise du Sénégal (Mes) pour lutter contre le taux de mortalité très élevé des Pme au Sénégal. Cette Mes permet au promoteur d’avoir toutes les informations nécessaires en amont et en aval avant de créer une entreprise. La maison va aussi accompagner l’entreprise lors de ses transitions. Babacar Diagne invite l’ensemble des organisations patronales à se fédérer pour la mise en place de cette structure qui sera là pour accompagner l’entreprise sénégalaise. Sur la loi relative à la modernisation de l’économie et la promotion des Pme, évoquée mercredi par Macky Sall lors du Conseil des ministres, Babacar Diagne trouve qu’elle vise à faciliter l’accès des Pme à la commande nationale, mais surtout à développer des stratégies pour leur promotion. «C’est une loi qui vient à son heure, parce qu’il y a beaucoup de problèmes qui plombent la croissance», confie-t-il. Abordant l’impôt minimum forfaitaire, le patron du Cdes réclame l’annulation de cette Imf, fixé à 500 mille francs Cfa. Il trouve insupportable pour une jeune entreprise de débourser ce montant. A ses yeux, l’impôt doit être la contrepartie d’une plus-value ou d’une richesse créée.
 ksonko@lequotidien.sn

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