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Dans les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), une bonne frange de la population n’a pas accès aux services financiers. Au Sénégal par exemple, une enquête, menée entre 2017 et 2018 par l’Observatoire de la qualité des services financiers (Oqsf), a révélé que sur un échantillon de 2676 personnes physiques interviewées non incluses, les 85,2% déclarent n’avoir jamais eu de relation commerciale avec une institution financière, contre 14,8%, qui disent avoir une relation avec une institution financière. Cela, à cause d’un certain nombre de barrières liées aux coûts des services jugés élevés, à l’insuffisance de revenus, aux taux d’intérêt élevés, la mauvaise qualité de service, les conditions contraignantes d’accès au crédit, ainsi qu’à la méfiance.
Pour lever cette dernière limite, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest entend déployer un Programme régional d’éducation financière à partir de 2020. C’est ce qu’ a annoncé hier Mme Fatou Dieng Guèye, adjointe du directeur de l’inclusion financière de la Bceao, lors du Forum de haut niveau sur le thème «Promouvoir la culture financière pour une protection accrue des consommateurs dans l’Uemoa», tenu dans le cadre de la deuxième édition de la Semaine de l’inclusion financière dans l’Union.
L’éducation financière, d’après le secrétaire exécutif de l’Oqsf, «renvoie à l’acquisition de connaissances sur les produits et leurs opportunités, concepts, et risques financiers, la mise à disposition de la bonne information de conseils éclairés pour améliorer le bien-être économique. Elle permet aussi d’éviter le gaspillage et de développer le réflexe de souscrire à des polices d’assurance. Le grand public est visiblement loin d’être familier aux concepts liés à l’activité bancaire et assurantielle». Habib Ndao considère aussi que «l’éducation financière de masse, en vue d’une meilleure gestion quotidienne des revenus et dépenses, pourrait induire un changement de comportement chez les segments les plus exposés ou vulnérables. Elle constitue à ce titre, un outil efficace de lutte contre la pauvreté et pour éviter ainsi le piège du surendettement…». Certains pays de l’Uemoa, notamment la Côte d’Ivoire et le Sénégal, ont ainsi anticipé. La Côte d’Ivoire a commencé à dérouler son programme d’éducation financière depuis 2012, pour apporter une réponse au surendettement des enseignants. En effet, explique Kuassi Yao, coordonnateur dudit Pro­gramme, les enseignants étaient dans une situation de surendettement qui ne leur permettait plus de dispenser un enseignement de qualité.
Au Sénégal, sous l’égide de l’Oqsf, plusieurs initiatives et actions ont été menées pour le renforcement du niveau de culture financière des acteurs de petites et moyennes entreprises, selon M. Ndao.
Le gouvernement ivoirien a été accompagné dans la mise de son programme, par Aflatoun international. Et pour le Programme régional d’éducation financière, le directeur du programme francophonie de cette organisation, Mouhamadou Gadiaga, a demandé au régulateur d’opter pour une intégration par voie disciplinaire, c’est-à-dire faire de l’éducation financière une discipline dans les écoles et non une infusion.

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