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Afin d’accélérer les droits des enfants à une identité légale, l’Ua et l’Unicef ont lancé la campagne «Mon nom est personne». Ces deux organisations attirent aussi l’attention sur le risque de voir reculer l’enregistrement des naissances avec la pandémie du Covid-19. Elles veulent que «les services d’enregistrement à la naissance soient inclus dans les réponses d’urgence au Covid-19 pour renforcer les soins de santé primaires vers des modèles innovants à généraliser».

Dans le cadre de la commémoration de la Journée de l’enfant africain qui s’est déroulée le 16 juin, l’Union africaine et l’Unicef ont lancé la campagne «Mon nom est personne». L’objectif de cette campagne est d’accélérer «les droits des enfants à une identité légale et l’accès aux services».
Dans un communiqué conjoint, les deux organisations renseignent que «le lancement de cette campagne est particulièrement d’actualité alors que les inquiétudes augmentent quant à la menace de voir reculer l’enregistrement des naissances à cause de la pandémie» du Covid-19. Constatant que des progrès ont été notés en Afrique pour l’enregistrement des naissances, les auteurs du document attirent l’attention sur le risque de les perdre à cause du Coronavirus. D’après eux, «la pandémie de Covid-19 impacte à la fois les services de délivrance des enregistrements civils et l’utilisation de ces services».
L’Unicef et l’Ua rappellent dans leur document que «plusieurs pays ont introduit des confinements et restrictions». De ce fait, soulignent-elles, «de nombreux centres d’enregistrement sont fermés, les heures d’ouverture sont généralement réduites, l’accessibilité et la disponibilité des services restreintes». De même, elles constatent que «les points d’enregistrement sont souvent mal équipés pour répondre aux exigences d’hygiène et de sécurité sanitaire». A ces difficultés s’ajoute le fait que «l’utilisation des services est affectée par la peur de la contamination ou le manque de transports, en particulier dans les zones reculées».
Dans le communiqué, il est également constaté que l’utilisation des services est en recul. Relevant que «les réformes de l’enregistrement civil national ont été reportées ou suspendues dans la plupart des pays avec la pandémie du Covid-19», les deux organisations estiment que «la modernisation des systèmes d’enregistrement vers la digitalisation est une priorité pour le continent». C’est même, indiquent-elles, «une action-clé en vue d’un enregistrement universel des naissances». L’Ua et l’Unicef lancent ainsi un appel pour que «les services d’enregistrement à la naissance soient inclus dans les réponses d’urgence au Covid-19 pour renforcer les soins de santé primaires vers des modèles innovants à généraliser». Il est recommandé aussi que «les enregistrements des naissances soient numérisés pour améliorer l’accessibilité et la disponibilité des services en période de Covid-19 et au-delà». Les organisations veulent également que «toute opportunité pour intégrer aux registres d’état civil les enfants n’ayant pas de certificat de naissance soit saisie». Il est en outre recommandé que «ces plateformes incluent en premier lieu les écoles quand les enfants retourneront en classe, mais aussi les services de protection sociale existants ou en développement».

La digitalisation des systèmes d’enregistrement, une priorité
Par ailleurs, les auteurs du document renseignent que «la campagne vise à rallier les Etats membres de l’Union africaine autour d’une rapide mise en œuvre et d’un engagement en faveur de l’enregistrement universel des naissances pour tous les enfants en 2030». Et également «de l’urgence à repositionner l’enregistrement civil et les statistiques vitales en Afrique, pour s’attaquer à l’indignité de l’invisibilité». Le document précise que l’analyse des éléments a montré que «les enfants dont la naissance n’a pas été enregistrée et qui ne peuvent pas prouver leur âge, sont plus vulnérables à la marginalisation, la discrimination, aux abus et aux risques associés en termes de protection, tels que le mariage des enfants, le travail des enfants, l’enrôlement dans des groupes et forces armés, et dans des trafics». C’est donc, d’après les auteurs du document, toute la pertinence de changer de système pour atteindre la couverture universelle dans l’enregistrement des naissances. Selon les données fournies, «aujourd’hui, l’enregistrement à la naissance des enfants de moins de 5 ans en Afrique est de 52 pour cent». Alors que, ajoute le document, «l’Afrique du Nord est proche de la couverture universelle, les taux dans les autres régions sont encore loin derrière».

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