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Les travailleurs de l’Aibd ont dénoncé hier leurs mauvaises conditions de travail et la menace de licenciement de 200 employés.

100 jours seulement après son ouverture, l’Aéroport international Blaise Daigne (Aibd) serait dans une zone de turbulences. Certains travailleurs de l’Aibd dénoncent leurs mauvaises conditions de travail. Il s’agit des «problèmes du transfert et des conditions des travailleurs, du statut des travailleurs temporaires, des problèmes de logistique et de dotation pour la police et la gendarmerie, des lenteurs administratives au niveau de la direction des ressources humaines, l’absence de politique sociale, des difficultés budgétaires des Ads et des aérodromes secondaires», a listé Babacar Sow, porte-parole du Syndicat autonome des travailleurs de l’aéronautique civile du Sénégal (Synatrac). Le syndicaliste s’exprimait hier en conférence de presse pour lancer ce nouveau cadre de revendication, qui vient enrichir la plateforme aéroportuaire. Créé le 14 mars 2018, le Synatrac, indique M. Sow, vise évidemment, comme tout syndicat, à défendre les intérêts moraux et matériels des travailleurs, dans un contexte de transfert de l’aéroport Léopold Sédar Senghor de Dakar à Diass, qui a connu beaucoup de dysfonctionnements.
Le lancement officiel du Synatrac a été une occasion pour les travailleurs de l’aéronautique d’informer de la menace de licenciement par les Turcs qui pèse sur 200 travailleurs sur un total de 456, «tous des anciens de l’aéroport reversés à l’Aibd». Ce licenciement annoncé, explique Baba­car Gaye, chargé des revendications du Synatrac, est dû «un sureffectif selon les Turcs, qui veulent plus d’argent». «Ils veulent se débarrasser des travailleurs alors que nous travaillons dans la misère et la galère, nous qui espérions être dans de bonnes conditions en allant à Aibd. Les gens se lèvent à 4 heures, font plus de 50 km pour aller à Diass sans indemnité, sans heures supplémentaires, c’est vraiment dur», dénonce M. Gaye. Il rejette dans la même veine la décision des Turcs de les faire travailler seulement deux jours. «Il n’y a que les Turcs qui sont dans de très bonnes conditions juste parce qu’ils ont apporté 64 milliards pour terminer la construction de l’Aibd», fustige le chargé des revendications du Synatrac. Les Turcs ont achevé la construction de l’Aibd suite à un désaccord entre l’Etat et Saudi Bin Laden group, qui avait commencé et réalisé les travaux à 70%. «Cet aéroport appartient au Sénégal. Les Turcs étaient venus pour construire mais ils ne sont pas des gestionnaires de l’Aibd. Maintenant, ce sont eux qui ont les gros salaires alors que c’est nous qui faisons tout le travail», condamne le syndicaliste. Le Synatrac, qui rejette le plan social qu’il juge désavantageux. Aussi, le Synatrac interpelle l’Etat du Sénégal et le ministre en charge des aéroports, Maïmouna Ndoye Seck, pour régler les problèmes des travailleurs sénégalais de l’Aibd.

ksonko@lequotidien.sn

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