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Le Sénégal doit adapter sa législation en vue d’une meilleure prise en charge des déchets d’équipements électroniques et électriques. Ces matériels en fin de vie constituent de réelles menaces pour l’environnement et la santé publique.

Le Programme des Nations unies pour l’environnement estime à plus de 50 millions de tonnes le volume des e-déchets généré par an dans le monde, dont plus de la moitié atterrit dans les pays en voie de développement. «L’Afrique devrait se prémunir pour éviter d’être la poubelle du monde», dira Cheikh Bakhoum. Le directeur général de l’Agence de l’informatique de l’Etat s’exprimait hier à l’atelier d’échange et de partage sur le projet de décret portant gestion des Déchets d’équipements électriques et électroniques (Deee). En effet, les déchets électroniques et électriques constituent une préoccupation pour l’environnement et la santé publique. Ces matériaux contiennent pour la plupart, au-delà des substances valorisables, des déchets très toxiques. En contact avec ces déchets électroniques et électriques, les populations s’exposent de façon volontaire ou inconsciente aux risques liés à la présence de certaines substances toxiques dans ces déchets.
Selon le secrétaire général du ministère de l’Economie numérique et des télécommunications, les milliers de matériels électriques et électroniques (réfrigérateurs, ordinateurs, téléviseurs, micro-ondes, imprimantes, piles, téléphones, onduleurs, climatiseurs…) qui entrent chaque jour au Sénégal doivent être une préoccupation lorsqu’ils ne sont plus fonctionnels. «Il nous revient d’adapter notre législation en vue d’une meilleure prise en charge des questions relatives aux e-déchets au Sénégal», a rappelé Yoro Moussa Diallo.
Le Sénégal s’est engagé depuis quelques années à l’amélioration de l’accès aux Technologies de l’information et de la communication (Tic), afin de réduire la fracture numérique. Pour cela, le pays a mis en œuvre une forme de solidarité numérique fondée sur des activités volontaires de dons en matériels informatiques d’occasion ou de seconde main. Pourtant, bien que renfermant des substances valorisantes infirmes (fer, cuivre, or, aluminium…), les équipements électroniques et électriques contiennent des substances potentiellement dangereuses comme le cadmium, l’arsenic, le béryllium, le mercure, le plomb, etc. «Aussi, l’extraction du cuivre des câbles par brûlage à l’air libre comme nous le faisons dans nos différents sites de recyclage entraîne la création de dioxines qui sont de véritables polluants organiques de l’environnement», regrette Yoro Moussa Diallo. Qui encourage la mise en place de filières de recyclage organisées. Le Sg du ministère en charge de l’Economie numérique a par ailleurs solennellement invité les investisseurs privés nationaux et internationaux à s’intéresser à ce créneau porteur parce que, dit-il, représentant une très grande industrie de nos jours.

125 tonnes de déchets électroniques brûlés
Selon le Dg de l’Adie, la durée de vie d’un ordinateur qui était de 10 ans en 1960 est aujourd’hui de 2 ans. «Avec l’évolution, le matériel électrique et électronique se renouvelle vite, même trop vite. Pour une durée de vie relativement courte, les équipements nous viennent en grande quantité obsolète ou inutilisable et tombent sous le terme de Deee», s’est désolé Cheikh Bakhoum ; d’où l’importance pour le Sénégal de prendre rapidement en main cette problématique en gérant la filière des e-déchets.
A noter que depuis une décennie, le Sénégal, à travers d’abord le Seneclic, puis l’Adie à travers la direction de la Solidarité numérique sise à Colobane et le Centre des handicapés au travail, démantèle du matériel électrique et électronique en fin de vie. Ainsi, 125 tonnes de déchets électroniques et électriques ont pu être démantelées depuis 2015 au Sénégal. Cependant, le processus mérite d’être industrialisé, en renforçant les moyens dans le secteur, en professionnalisant les filières, notamment ceux du secteur informel pour faire face à la gestion des Deee. Le projet de décret examiné hier doit certainement aider à organiser la filière et permettre aux populations de faire face aux Deee.

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