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27 conseillers municipaux à la commune de Méouane interpellent le président du Comité de suivi de la mise en œuvre des opérations du «Force-Covid-19», Général François Ndiaye, sur la gestion «nébuleuse» des fonds du Covid-19 destinés aux populations de Méouane. Face à la presse hier, ces élus locaux comptent saisir l’Ofnac et la Cour des comptes, pour fouiller la gestion du maire Bara Ndiaye.

Le maire de Méouane, Bara Ndiaye, risque d’être traîné devant le Comité de suivi de la mise en œuvre des opérations du «Force-Covid-19», dirigé par le général François Ndiaye. L’annonce a été faite par le Collectif des 27 conseillers municipaux dont cinq présidents de commission, un adjoint au maire et des membres du Comité communal de ciblage. Il est reproché à l’édile de la commune, par ailleurs Directeur général de la maison de la presse, «un trou de 24 millions dans le budget dégagé dans le plan de résilience  économique et sociale» mais aussi «le non-respect des règles de procédures dans l’achat des vivres».
Plus cocasse, le maire à qui les conseillers ont demandé des comptes «ne parvient toujours pas à justifier les dépenses». «Lors du dernier Conseil municipal tenu le jeudi dernier devant le préfet lorsqu’il a été interpellé, il a esquivé la question», note El Hadji Diop, premier adjoint au maire de la commune de Méouane. Lequel renseigne que «77,5 millions de francs Cfa ont été dégagés par la commune de Méouane dans la lutte contre la pandémie du Covid-19 suite à l’appel du président de la République aux collectivités locales de s’impliquer dans la lutte sanitaire». Aussi poursuit-il : «Le ministre du développement communautaire avait demandé dans ce sens que des comités communaux soient mis sur pied pour réfléchir sur la gestion des moyens engagés dans la lutte contre le Covid-19. Lequel comité a été mis en place le 14 avril 2020 par M. le maire de Méouane. Entre temps le président de la République a pris une ordonnance autorisant les bureaux à se suppléer aux conseils pour réfléchir sur toutes les questions relatives à la pandémie.» C’est ainsi, enchaîne l’élu : «Les 20 mai et 12 juin 2020, nous avons tenu deux réunions au cours desquelles le Conseil municipal a dégagé une enveloppe globale de 77,5 millions de francs Cfa destinée à la lutte contre la pandémie. Les 44,1 millions de francs Cfa de cette somme ont été consacrés à l’achat de vivres et 33,4 pour des semences et intrants. Après ce vote, le comité communal créé par arrêté du maire s’est réuni pour réfléchir sur les modalités de distribution de ces semences et vivres. Nous avons conclu que les semences tout comme les vivres devaient être distribués en fonction de la taille démographique de chaque village et qu’il appartenait aux comités villageois de procéder au sein du village à la distribution, en tenant compte des familles indigentes, comme l’avait recommandé la note circulaire du ministre. Après la rencontre, nous avons tout remis à M. le maire. Malheureusement, il a foulé au pied toutes les recommandations. Parce que sur les 33,4, il n’a dépensé que 9,4 millions».
Pire, «non seulement il n’a dépensé qu’une partie mais il a convoyé les semences chez lui et il a procédé à la distribution par lui-même». S’agissant des 44 millions destinés à l’achat des vivres, El Hadji Diop souligne que «lorsqu’il a été interpellé sur cette somme le jeudi dernier en Conseil municipal devant le préfet de l’arrondissement, il a dit que l’argent n’est pas encore engagé. Mais moins de 48 h après il débarque 150 tonnes de riz qu’il a commencé à distribuer». Pour dire tout son «étonnement», parce que, affirme-t-il, «ces 44 millions de francs devraient faire l’objet d’un appel d’offres et cela n’a pas été fait». Et de s’interroger : «Comment en moins de 24 h on peut lancer un appel d’offres, dépouiller, engager et recevoir la livraison ? Ce n’est pas possible. Il n’y pas eu respect des règles de procédures d’exécution des marchés.» Et de conclure : «C’est une nébuleuse totale dans la gestion de la pandémie à Méouane». Ainsi, le Collectif des 27 conseillers ont décidé, au-delà d’interpeller le Comité de suivi de la mise en œuvre des opérations du «Force-Covid-19», de saisir dans les prochains jours l’Ofnac et la Cour des Comptes pour fouiller la gestion de la commune de Méouane.

Pape Diouss, porte-parole du maire de Méouane : «Les chiffres dont parle M. Diop n’existent pas»
Bara Ndiaye n’a pas mis de temps pour réagir à propos des accusations portées sur sa personne par le Collectif des 27 conseillers municipaux de sa commune. Par la voix de son porte-parole, Pape Diouss, l’édile de Méouane estime que «ce sont juste 4 conseillers municipaux qui s’agitent». Et derrière cette «agitation» se cache «des politiciens par procuration». Et de l’avis du conseiller municipal et président de la Commission coopération décentralisée et partenariat, «la politique ce n’est pas d’occuper les médias mais le terrain. Et le maire Bara Ndiaye est dans l’action».
Néanmoins, l’élu perd son latin lorsqu’il s’agit de s’épancher sur l’utilisation des fonds dégagés par la commune pour la lutte contre la pandémie. «Les chiffres dont parle M. Diop n’existent pas. C’est lui qui les a fabriqués.» Pourtant il affirme qu’il s’agit «d’une autorisation spéciale votée pendant la période du Covid-19. Et les fonds réels de cette dite autorisation s’élève à 53, 5 millions de francs Cfa, répartis en deux lignes. La première pour l’achat de riz à hauteur de 44, 1 de francs Cfa et l’autre pour l’achat de semences d’arachide pour un montant de 9, 4 millions de francs Cfa. Et le Bureau municipal, dont El Hadji Diop fait partie, seul avait une voix délibérante. Et le jeudi, le maire Bara Ndiaye a convoqué le Conseil municipal pour éclairer les élus sur toutes les décisions qui ont été prises pendant la période du Covid-19».  

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