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Le Conseil constitutionnel vient de publier la décision 3-E-2019 Affaires n° 13 à 24 –E-19 par laquelle il arrête la liste des candidats à l’élection présidentielle du 24 février 2019.
En 2012, avant d’arriver à cette étape du processus électoral, le Sénégal a connu des séries de violences qui avaient amené le khalife général des Mourides d’alors, Cheikh Sidy Moctar Mbacké (paix à son âme), à inviter la classe politique à se conformer aux décisions du Conseil constitutionnel pour préserver la paix, en respectant les institutions que nous nous sommes donné en toute souveraineté.
Cette recommandation nous a permis de franchir en toute tranquillité l’étape historique de 2012.
Cette invite du guide religieux reste d’actualité pour tous les acteurs qui ont accepté de soumettre au Conseil constitutionnel leurs dossiers, reconnaissant de fait que celui-ci est la seule institution habilitée à désigner ceux qui peuvent solliciter le suffrage des Sénégalais pour accéder à la Magistrature suprême.
L’élection présidentielle du 24 février 2019, comme un homme pressé, avance à grands pas à la rencontre du Peuple souverain, augmentant ainsi la pression et le stress sur les candidats admis ou recalés et tous les démocrates qui croient fermement que rien ni personne ne pourra faire basculer le Sénégal dans l’instabilité.
Après m’être investi à fond dans le combat contre l’instauration du parrainage comme coordonnateur du Pôle des non-alignés, cette réforme est devenue dans les conditions que l’on sait une loi opposable à tous, ce qui explique la course de tous les candidats vers la collecte des parrainages.
Les informations relayées par la presse sur le travail de contrôle des signatures montrent combien le combat contre le parrainage était juste.
A plusieurs reprises, j’ai adressé des interpellations au Conseil constitutionnel sur le dispositif de contrôle du parrainage dont la dernière, sous forme de lettre ouverte, lui a été adressée le 6 décembre 2018.
Quand le Conseil constitutionnel a communiqué suite à cette lettre ouverte, je m’attendais à ce que les candidats demandent à le rencontrer, comme l’a fait la société civile pour s’assurer de la fiabilité du dispositif de contrôle.
Au lieu de cela, on a assisté à des jeux de dupes et de cache-cache pour déposer le premier au point d’enregistrer les télescopages regrétables lors du premier jour de dépôt.
C’est pourquoi j’ai été sidéré d’entendre un candidat à la candidature déclarer que le parrainage est un mal nécessaire. Aujourd’­hui, ce mal supposé nécessaire empêche à beaucoup de prétendants de prendre part à la compétition le 24 février prochain.
A l’issue de la Présidentielle, il faudra bien cette fois-ci que tous les acteurs du processus électoral acceptent de se mettre autour d’une table pour évaluer et modifier cette innovation introduite dans le système électoral. La consolidation de la démocratie ne peut pas faire l’économie du dialogue et de la concertation.
Le respect du calendrier républicain qui ne saurait être remis en cause impose aux candidats retenus de comprendre que l’essentiel se passera sur le terrain en présentant aux Sénégalais une offre politique et une posture susceptibles d’emporter leur adhésion.
En politique, le boycott est une stratégie qui aboutit à l’impasse et au regret qui pourraient pousser leurs adeptes à des réactions que les Wolofs appellent «fetali tann».
Le 24 février 2019, les Sénégalais devront désigner leur Président ou les deux candidats qualifiés pour le second tour dans la sérénité, comme ils savent bien le faire.
Déthié FAYE
Président de la Cdr/ Fonk Sa Kaddu
77 325 79 60

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