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Pour une croissance durable élevée et inclusive dans les pays pauvres en ressources naturelles comme le Sénégal, le Fonds monétaire international (Fmi) préconise, dans son rapport sur les perspectives économiques régionales de l’Afrique sub-saharienne, un accroissement de l’investissement privé, entre autres mesures.

La reprise économique se poursuit en Afrique subsaharienne. Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques régionales, le Fonds monétaire international relève que «le taux de croissance global devrait passer de 3 % en 2018 à 3,5 % en 2019, et se stabiliser à un peu moins de 4 % à moyen terme, ou autour de 5 %, si l’on exclut les deux plus grandes économies de la région, l’Afrique du Sud et le Nigeria». Et pour les pays de la région, essentiellement des pays pauvres en ressources naturelles dont le Sénégal, le chef de division des études régionales au département Afrique du Fmi considère qu’ils «devraient connaître une croissance d’au moins 5 %, ainsi qu’une hausse de leur revenu par habitant plus rapide que la moyenne mondiale à moyen terme». Mais indique Papa Ndiaye, cette «forte croissance» notée dans ces pays résulte de l’investissement public financé par la dette. De l’avis de l’expert du Fonds, qui présentait mardi le rapport d’avril 2019, «il est temps de passer les rênes de la croissance au secteur privé».
Pour cela, note le document, «il faudra appliquer des mesures visant à rendre les marchés plus contestables et à créer un environnement propice à l’éclosion d’un secteur privé dynamique, notamment en supprimant les principaux freins aux activités des entreprises et à l’approfondissement de l’intégration commerciale (surtout dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale pour l’Afrique (Zlecaf) et en améliorant l’accès aux services financiers et services de base ainsi que leur prestation».
Un autre défi que devraient relever aussi bien les pays pauvres en ressources naturelles, que ceux riches en ressources naturelles, pour booster leur résilience et générer une croissance durable, c’est «l’efficience des investissements publics». Pour le Fmi, ces pays de la région devraient aussi «consolider la gestion des finances publiques, maîtriser les risques budgétaires liés aux entreprises pu­bliques, améliorer les cadres de gestion et de résolution de la dette et accroître la transparence». «Il serait également important d’assouplir davantage les taux de change dans les pays qui n’appartiennent pas à une union monétaire, et d’améliorer la politique monétaire et les systèmes financiers», recommande l’expert de l’institution de Bretton woods, en présence du nouveau ministre des Finances et du budget. Qui assure que «ces différentes recommandations recoupent parfaitement les orientations que le président de la République Macky Sall a données au gouvernement depuis son accession à la Magistrature suprême en 2012». Ainsi, indique Abdoulaye Daouda Diallo, «en matière de gestion des finances publiques, des efforts considérables ont été consentis, ces dernières années, pour réduire de manière progressive et continue le déficit public, améliorer la gestion de la dette de l’Etat et renforcer la qualité des investissements publics».
Sur la Zlecaf, le ministre rappelle que «le Sénégal souscrit à l’idée prônée par les experts du Fonds de concrétiser l’accord sur la Zone de libre-échange continentale en vue de stimuler les échanges commerciaux intra-africains et de favoriser, ainsi, l’atteinte de l’objectif d’intégration économique, conformément aux orientations stratégiques de l’Union africaine et du Nepad».
Toutefois, considère l’ancien ministre des Infrastructures, des transports terrestres, «pour la matérialisation de cette vision, il est nécessaire de supprimer les barrières juridiques, d’améliorer les voies de communication et de renforcer la compétitivité et la productivité de nos économies».
Tenant compte de cet impératif, dit-il, «le gouvernement du Sénégal a consenti, ces dernières années, d’importants investissements pour développer les corridors routiers en vue de renforcer les échanges avec nos pays voisins». Dans ce cadre, relève le ministre, «plus de 80% des ressources mobilisées à travers les budgets d’investissement exécutés sous le Magistère de Macky Sall, ont été investis dans les 6 secteurs-clés du volet public du Plan Sénégal émergent (Pse), à savoir : les infrastructures et services de transports, les infrastructures et services énergétiques, l’agriculture…».
dialigue@lequotidien.sn

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