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Le Gouvernement a pris hier 10 mesures pour essayer de réduire les accidents de la circulation mortels, qui se banalisent presque sous le regard stupéfait des Sénégalais, interloqués par autant d’impunité.

A Saint-Louis, Macky Sall, ému par l’accident qui avait fait une dizaine de morts calcinés lors d’une collision entre un minicar et un camion citerne, avait encore ressorti l’antique patine de la tolérance zéro sur les routes. Dans le sillage du conseil interministériel du 9 février 2017 sur les accidents de la circulation, le ministre des Infrastructures, des transports terrestres et du désenclavement a résolu «de mettre en œuvre, sans délai, dix décisions». Par exemple, une «tolérance zéro» est appliquée  contre les surcharges de personnes et de bagages pour l’ensemble des véhicules.
Alors que souvent l’indiscipline et l’âge des chauffeurs sont indexés pour justifier certains accidents, l’Etat a décidé de fixer l’âge des conducteurs de véhicules de transport urbain de passagers à 25 ans au minimum. Il a aussi décidé que   l’âge minimum requis pour l’obtention du permis de conduire pour les conducteurs de véhicules de transport public interurbain de passagers et de marchandises est fixé à 30 ans.  Quoi d’autre ? Désormais, les autorités ont décidé d’immobiliser et de mettre en fourrière tout véhicule en circulation dont  «le propriétaire n’a pas présenté son véhicule à la visite, sans motif valable, à l’expiration du délai de visite technique ; l’état de vétusté est tel que la circulation du véhicule compromettrait gravement la sécurité des personnes ou des biens». Par conséquent, «les réparations à effectuer sur le véhicule seront constatées par l’expert chargé des visites de la zone géographique où l’infraction a été commise. Une mise en demeure d’effectuer les  réparations dans un délai d’un mois, sous peine de retrait définitif dudit véhicule de la circulation, sera envoyée au propriétaire».
Par ailleurs, il est «formellement interdit toute transformation de véhicule destiné au transport de marchandises (fourgons, fourgonnettes, camions, etc.) en véhicule de transports de passagers», ainsi que «les transformations des véhicules d’origine destinées à augmenter les places assises pour les passagers ou à créer des porte-bagages supplémentaires».
Dans cette croisade, les propriétaires des deux-roues ne sont pas épargnés. «Tous les véhicules motorisés à deux-roues doivent se faire immatriculer gratuitement auprès des services compétents du ministère chargé des Transports terrestres pendant 6 mois, à partir du jeudi 16 mars 2017. Passé ce délai, aucun véhicule motorisé deux-roues ne sera admis à circuler», avance le ministère des Transports, qui a décidé de faire respecter «les dispositions du Code de la route relatives à l’usage du téléphone au volant, au port de la ceinture de sécurité, à l’excès de vitesse, au respect de la signalisation horizontale et verticale».
En tout cas, il s’agit là de mesures «exceptionnelles» pour essayer de réduire le taux de mortalité de la route. En 2017, la Direction des transports terrestres avait avancé que plus 500 personnes ont été tuées par des accidents de la circulation. Véritable hécatombe !
bsakho@lequotidien.sn

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