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Les femmes de Dp World ne pouvaient pas choisir mieux que ce lundi, jour qui coïncide avec le démarrage de la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, pour discuter de l’autonomisation de la femme. Elles ont organisé un panel sur le thème «Les femmes dans les métiers à prédominance masculine comme dans le secteur portuaire, le transport maritime, les mines : comment les attirer et les retenir dans ces secteurs ?» Un éternel débat dont les prémisses avaient été posées à Beijing en 1995 par les femmes du monde. Et 25 ans après, «nous parlons toujours d’inclusion», constate la représentante de l’Onu-Femmes à cette rencontre. Cela montre que «nous avons toujours du chemin à faire», ajoute-t-elle.
Ce panel a réuni des femmes leaders comme Bineta Sy de Ceo Msc Sénégal, une des rares femmes qui travaillent dans le domaine maritime. Pour elle, la quasi-absence des femmes dans ces secteurs est une réalité. Loin d’être gagnée par la fatalité, elle suggère fortement un changement de mentalités. «Nous ne devons plus accepter qu’on nous confine dans un secteur», réagit-elle. Elle ajoute que malgré «cet environnement défavorable, des femmes percent et occupent des postes de responsabilité. Cela veut dire que c’est possible». Elle plaide ainsi pour une application des textes et conventions que les pays ont signés. «Nous sommes les patrons de cette société, nous gérons les maisons et les familles», tonne-t-elle. Mais dans le monde du travail, «nous ne parvenons pas à nous imposer au même titre que les hommes. Nous sommes stigmatisées».
Un rapport mondial rapporte d’ailleurs qu’à compétences égales, les femmes perçoivent moins. «Ce qui est illégal», note la représentante de l’Onu-Fem­mes.
Prenant la parole, Aminata, directrice d’une Ong américaine qui s’occupe des questions de santé, pense qu’il n’y a pas de secteurs réservés, mais des secteurs dominés. «Nous devons sortir du monde qu’on nous a confinées pour nous affirmer et aller de l’avant», conseille-t-elle. Cela suppose de la détermination, mais aussi une solidarité entre les femmes. Rokhaya Solange Ndir, chef de département Rse et partenariats de la Sonatel, donne la recette. Pour elle, les femmes doivent s’investir dans les associations de femmes dans les entreprises. «Ces associations sont des leviers très puissants que nous pouvons utiliser pour discuter avec le top management afin de les sensibiliser sur nos droits», note Mme Ndir.

Dp World compte 12% de femmes
En tout cas, Dp World compte bien aller dans ce sens. Il n’est pas question pour son directeur de mettre plus de la moitié de la population à l’écart. Malgré le nombre réduit de femmes dans cette entreprise (12%), lié au fait que le secteur portuaire soit dominé par les hommes, Dp World fait des efforts pour renverser la tendance. La société a adopté des politiques pour faire la promotion des femmes. Elle offre des bourses à des femmes dans certaines écoles et centres de formation pour renforcer le capital humain chez les femmes, selon Mame Yacine Diop, responsable développement durable à Dp World.
Le directeur général Clarence Rodrigues promet de continuer cette politique. Il a profité de cette rencontre pour signer une convention avec l’Onu-Femmes «Women empowerment principle». A travers cette convention, Dp World s’engage à participer à sa façon à la réalisation de l’Objectif de développement durable 5 qui prône l’égalité et l’équité entre les sexes. La société compte promouvoir l’égalité des chances. «Pour les prochains recrutements, nous allons privilégier les femmes dans des situations où nous avons un homme et une femme à compétences égales», promet M. Rodrigues. L’entre­prise va également promouvoir la femme dans son espace de travail. Elle compte renforcer les Pme détenues par des femmes en réservant une part de leurs marchés à ces Pme pour leur permettre d’évoluer économiquement.
ndieng@lequotidien.sn

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