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Il a été reconnu hier coupable de meurtre sur le nommé Bamba Thioye en janvier 2011. L’accusé Cheikh Diouf avait été condamné à une peine de 10 ans de travaux forcés. La Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Dakar lui avait infligé aussi une amende de 20 millions de francs Cfa. Le jugement a été rendu le 8 novembre 2016. Et trois ans après, le condamné qui a interjeté appel était hier devant la barre. Il s’est amendé en présentant ses excuses. Mais malgré tout, la Chambre d’appel a confirmé la décision rendue en Première instance dans toutes ses dispositions. En effet, la victime est passée de vie à trépas à la suite d’un coup fatal assené au cou par Cheikh Diouf. Les faits se sont passés au marché Mame Diarra de Guédiawaye où Cheikh Diouf servait comme vigile. Cette nuit-là, il avait aperçu trois jeunes sur les lieux de son gardiennage. A l’aide de sa lampe torche, il leur demande de quitter le marché. Alors une altercation éclate entre les deux protagonistes. Mais c’est au cours de la seconde bagarre que la victime a été atteinte avant de se vider de tout son sang.
Selon Cheikh Diouf, il a secouru la victime en tentant d’arrêter le sang à l’aide d’un foulard comme garrot, mais en vain. Il a aussi avancé avoir contacté les sapeurs-pompiers avant de se livrer lui-même à la police après le crime. «Dans le cas d’un homicide volontaire, l’élément le plus important, c’est l’élément intentionnel. Et les éléments du dossier ne révèlent pas une quelconque intention de commettre cette infraction. Son comportement laisse croire que jamais dans son intention, il n’a voulu donner la mort. Parce que dès après les coups, il s’est évertué à apporter assistance», a argué Me Wane de la défense. Et de renchérir : «Il n’a jamais été question d’une quelconque volonté d’ôter la vie. On ne peut pas parler de légitime défense. Ça, je le conçois mais je crois qu’un esprit bien avisé peut retenir l’excuse de provocation.»
A son avis, son client a été nuitamment trouvé dans son lieu de travail et il s’est défendu comme il a pu. Il a ainsi sollicité la chambre à retenir plutôt le chef d’infraction de coups mortels. Par ailleurs, l’avocat a demandé à ce que Babacar Thioye, père du défunt, soit débouté de sa constitution de partie civile. Les éléments ne sont pas suffisamment réunis, dit-il, car «on doit prouver son statut par des actes d’état-civil. Un jugement d’hérédité doit être déposé. Tout cela n’a pas été fait.»
En réagissant à la ligne de défense du conseiller de l’accusé, l’Avocat général a soutenu qu’en présence des éléments factuels, il ne peut pas y avoir d’excuses de provocation. «Il n’y a pas d’aveux par rapport à l’intention criminelle mais si on analyse les faits, on est forcément appelé à retenir l’intention criminelle du fait de la dangerosité de l’arme utilisée, une machette», dixit l’Avocat général. Mais il reconnaît que Cheikh Diouf mérite de larges circonstances atténuantes. Parce que, note-t-il, son pantalon et sa jaquette ont été déchirés à cause des coups de couteau reçus à la jambe et à l’abdomen. Pour lui, Bamba Thioye a une part de responsabilité dans sa propre mort parce qu’il «n’avait pas à revenir avec un groupe armé vers Cheikh Diouf».
Toutefois, le Parquet général a demandé la confirmation du jugement sur la culpabilité et, sur la peine, il s’en est rapporté. L’avocat de la partie civile a embouché la même trompette en considérant que «l’intention de donner la mort est indiscutable. Il a manifesté de bout en bout sa volonté d’en découdre avec ces jeunes». Et répondant à son confrère de la défense, Me Boubacar Dramé a laissé entendre que toute personne qui a souffert d’une infraction dispose du droit de se constituer partie civile.

msakine@lequotidien.sn

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