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La famille de la défunte vice-présidente du Conseil économique, social et environnemental (Cese) a dénoncé hier la non-comparution de la députée Awa Niang citée parmi les supposés commanditaires du meurtre de Fatoumata Mactar Ndiaye en 2016 par son chauffeur, Samba Sékou Sow alias Bathie. Il a été condamné aux travaux forcés à perpétuité par la Chambre criminelle. Il doit allouer au total à la famille 350 millions de francs Cfa en guise de dommages et intérêts.

La défunte
vice-présidente du Cese, Fatoumata Makhtar Ndiaye.

C’est une peine à laquelle il ne pouvait échapper : les travaux forcés à perpétuité ont été prononcés hier à l’encontre de Samba Sékou Sow alias Bathie. L’accusé a été reconnu coupable du meurtre en 2016 de la vice-présidente du Conseil économique, social et environnemental (Cese), Fatoumata Mactar Ndiaye. En effet, le crime d’assassinat a été disqualifié en tentative de vol avec effraction et usage d’arme sans autorisation et de violence ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner. Mais aussi il a été reconnu coupable de tentative d’assassinat sur le fils de la défunte, Adama Bâ. Cette sentence rendue par le juge de la Chambre criminelle fait écho au réquisitoire du Parquet général, qui avait requis la perpétuité. La famille de la défunte, qui attendait ce jour est certes soulagée, mais elle a le sourire figé. En effet, après le verdict, elle a montré qu’elle ne digère pas la non-comparution des personnes citées par l’accusé comme étant les commanditaires. «Nous ne sommes pas du tout satisfaits. Même si on l’avait exécuté, ça ne nous aurait pas satisfaits. Parce que c’est une personne qu’il nous a prise. L’autre problème c’est que depuis trois ans, il cite deux personnes dont sa tante et la députée Awa Niang. Pourquoi la justice ne les appelle pas pour creuser, pour éclaircir cette zone d’ombre-là ? Il dit vrai, il ne dit pas vrai, c’est à la justice de le prouver. Dans un pays sérieux quand quelqu’un cite quelqu’un, on l’appelle pour éclairer les choses. C’est ce que nous attendons de notre justice», a fulminé le frère de Fatoumata Mactar Ndiaye, Amadou Mactar Ndiaye. Car, selon lui, à part la victime et son bourreau, dit-il, personne ne sait ce qui s’est passé dans cette chambre ce jour-là.

La famille demande la comparution de Awa Niang
Pourtant, l’avocat de la famille, lui, est convaincu que cette thèse de la commande criminelle ne tient pas. Pour Me Abdou Dialy Kane, «la Chambre criminelle a compris qu’elle avait en face de lui non seulement un criminel mais également un manipulateur. Parce que ce monsieur a essayé de manipuler les juges et l’opinion en faisant croire que ce crime était consécutif à une commande criminelle qui aurait été faite par l’honorable députée Awa Niang et sa tante». Et de renchérir : «C’est une décision qui ne me surprend pas dans la mesure où comme je l’avais dit lors de ma plaidoirie, l’accusé avait fait preuve d’une barbarie spéciale qui a emporté comme ça la vie d’une femme. C’est une affaire qui doit amener les autorités à réfléchir ou même à revenir sur la suppression de la peine de mort. J’estime que ça a été fait sans consulter le Peuple. Aujourd’hui, le gros du Peuple est contre la suppression de la peine de mort. Parce que le Sénégal de plus en plus devient un pays violent.» Samba Sékou Sow, en plus de la condamnation à la prison à la perpétuité, doit allouer à la famille de la victime la somme de 200 millions de francs Cfa en guise de dommages et intérêts. Mais aussi le montant de 150 millions francs Cfa au fils de la défunte, Adama Bâ.

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