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Parti cueillir des feuilles de baobab pour son troupeau, Ifra Kâ, un berger, âgé à peine de 17 ans, a été froidement assassiné par des agriculteurs, indique son compagnon, légèrement touché par ses agresseurs, qui les accusent d’avoir investi leur champ. Ce que rejette l’ami de Kâ.

Tristesse et désolation, sont les sentiments actuellement les mieux partagés au village Galane, dans la commune de Keur Moussa. Et pour cause, Ifra Kâ, un berger, âgé à peine de 17 ans, et connu partout dans le village, a été froidement assassiné par des agriculteurs, selon son compagnon, légèrement touché par ses agresseurs. C’était ce mercredi 4 juillet 2018 dans la forêt de cette dite localité. D’après différents témoignages, le berger a été sauvagement assassiné parce qu’il cueillait des feuilles de baobab pour son troupeau. «Il est parti, le mercredi matin, faire paître son troupeau. Il était accompagné d’un autre berger. Ils sont montés sur un baobab pour cueillir des feuilles pour leur bétail», explique Assane Kounta, un habitant du village. Et à en croire son compagnon, des agriculteurs sont venus leur dire qu’ils étaient dans leur champ alors que, témoigne-t-il, «nous n’étions pas dans un champ».
Une dispute a éclaté et l’irréparable de se produire. Un crime odieux, selon M. Kounta qui espère qu’il ne restera pas impuni. «Nous n’arrivons pas à comprendre pourquoi un tel crime a été commis. Et nous lançons un appel aux autorités de faire le nécessaire pour que ce conflit entre agriculteurs et éleveurs, cesse. Il est en train de s’aggraver et ça risque de ne pas être maitrisé.» Et pour lui, «nous ne devons pas attendre que la situation devienne incontrôlable pour agir».
Le chef du village de Galane, El Hadji Abou Ba, dénonce, lui, la délocalisation de leur village par la cimenterie Dangote sans mesures d’accompagnement. «Depuis deux ans, notre village a été délocalisé. On nous a octroyé 13 ha dans un village où il y a des milliers de bêtes. Ce qui fait que nous vivons aujourd’hui dans des conditions très difficiles. Ce sont des éleveurs qui n’ont plus de zones de pâturage et rien n’est fait pour nous accompagner», soutient-il.
Informés du drame, la police et les sapeurs-pompiers ont débarqué sur les lieux pour procéder aux constats d’usage, avant d’évacuer le corps à la morgue du centre hospitalier régional El Hadji Amadou Sakhir Ndièguène de Thiès. Certainement, une autopsie sera faite pour déterminer les conditions dans lesquelles la vie de Ifra Kâ a été arrachée à l’affection des siens alors qu’une enquête a été ouverte par la police pour élucider cette affaire. Pour l’heure, c’est la grande consternation dans sa famille qui ne sait plus où donner de la tête.
nfniang@lequotidien.sn

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