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Après Aminata Kâ qui aurait été tuée par son mari, le collectif Dafadoy (Ça suffit) est monté au créneau pour dénoncer les meurtres commis sur les femmes et appeler le gouvernement à respecter ses engagements pour mettre fin aux violences faites aux femmes.

Les séries de meurtres commis sur les femmes suscitent une vague d’indignation dans tout le pays. L’assassinat de Aminata Kâ, 22 ans, enceinte de trois mois, est la dernière atrocité qui a poussé les organisations de défense des droits humains et surtout des femmes à hausser le ton pour dire «non». Ce énième «féminicide» enrage le collectif Dafadoy (Ça suffit) : elle a été rouée de coups par son mari jusqu’à la mort. Ce collectif qui lutte contre les violences faites aux filles et aux femmes ne tolère plus la violence basée sur le genre sous toutes ses formes. Face à la presse hier, Dafadoy a demandé à l’Etat de respecter ses engagements en appliquant rigoureusement la loi sur le viol et le durcissement des peines sur les violences conjugales.
Le 25 mai dernier, le collectif Dafadoy avait tenu un sit-in à la Place de l’Obélisque pour exiger la criminalisation du viol à la suite de la mort odieuse de Bineta Camara par une tentative de viol qui a mal tourné chez elle à Tambacounda. Après ce rendez-vous, le Président Macky Sall avait ordonné au ministre de la Justice de lui présenter un projet de loi en fin octobre pour la criminalisation du viol. «Cependant, jusqu’ici nous ne voyons que des promesses de la part de nos autorités», a regretté le secrétaire général du collectif Dafadoy, El Hadji Elias Ndoye. Alors que «force est de constater la recrudescence des violences faites aux femmes».
Face à cette situation «d’insécurité et de violence», le collectif Dafadoy, qui a listé les cas de meurtres notés en l’espace de deux mois, se demande «si la société sénégalaise a perdu son humanité et serait devenue misogyne». D’après M. Ndoye, «les agents de sécurité de proximité ne jouent pas pleinement leur rôle». Que faire pour inverser la courbe ? «Pour que les gestes anodins qui conduisent au meurtre puissent être arrêtés, il faut une sensibilisation de base dans les foyers et les écoles. C’est le moment de mettre des mécanismes de sensibilisation. On parle de sanction, mais avant la sanction il faut prévenir», estime l’activiste Saly Badiane. En tout cas, le collectif Dafadoy annonce le lancement de ses 16 jours d’activisme pour essayer de juguler ces pratiques à travers une série de rencontres de sensibilisation. «Et c’est l’occasion d’aller rencontrer le ministre de la Femme et les personnalités de l’Etat pour crier notre indignation», annonce le collectif. Il faut savoir que 4 femmes ont été tuées ces deux derniers mois sur toute l’étendue du territoire national.

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