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En tournée d’imprégnation à Richard-Toll, le médiateur de la République, Me Alioune Badara Cissé, s’est préoccupé de la mévente d’importants stocks de sucre de la Compagnie sucrière sénégalaise (Css) qui étouffe la société.

Vincent Leroux, directeur général de la Compagnie sucrière sénégalais (Css), a profité de la visite du médiateur de la République dans leurs locaux pour étaler les difficultés auxquelles l’entreprise est confrontée, notamment une mévente de 90 mille tonnes de sucre entreposées dans ses magasins, alors qu’ils sont en pleine campagne. Cela, à causes des importantes importations de sucre. Le directeur informe qu’il y a 20 mille tonnes de sucre en souffrance au port de Dakar et 70 mille stockées dans les entrepôts de l’usine à Richard-Toll sachant que l’usine produit mensuellement entre 20 et 25 mille tonnes de sucre supplémentaires jusqu’à la fin de la campagne, alors que les ventes peuvent être estimées entre 15 et 20 mille tonnes chaque mois quand il n’y pas d’importation. Il souhaite ainsi voir le gouvernement suspendre toutes les importations de sucre jusqu’au moins mi 2019, compte tenu des stocks et de la production très importante de cette année qui est l’aboutissement du projet de l’entreprise de monter à 150 mille tonnes de production de sucre. La campagne s’étale de décembre à mai. Par conséquent, il n’y a pas un besoin d’importer du sucre pendant cette période. Compte tenu des stocks et du fait de l’excès de sucre provoqué par l’importation de l’année dernière, on n’a pas besoin pendant l’inter-campagne de juin à novembre de sucre supplémentaire.
Ces propos du directeur général ont été appuyés par les travailleurs par le biais de leurs responsables syndicaux qui ont fait part de leurs inquiétudes de voir plus de 8 000 emplois menacés. En effet, souligne Souleymane Cissé, secrétaire général de la Ctsl, il y a plus de 80 mille tonnes de sucre en souffrance dans les magasins de la Css et cela risque de provoquer des difficultés au niveau de l’entreprise ; ce qui ne sera pas sans conséquence pour les travailleurs.
Le médiateur de la République, Me Alioune Badara Cissé, a de son côté exprimé toute sa désolation face à cette situation. Une situation qui, de son avis, peut provoquer des effets encore beaucoup plus terribles… Cela s’est déjà produit il y a quelques années, rappelle Me Cissé, qui a souligné «que fort heureusement le président de la République avait donné des directives relayées par le Premier ministre, mais dont malheureusement, jusqu’à ce jour, la mise en œuvre est une attente forte autant des travailleurs de la Compagnie sucrière sénégalaise que de la direction générale». «Nous avons pensé nous faire le relais au niveau du chef de l’Etat des divers points portés à notre connaissance qui vont au-delà de la mévente, de la distribution déraisonnée des autorisations d’importation de produits alimentaires, alors que la Css, selon l’exposé de son directeur général, a investi énormément pour pouvoir satisfaire le marché sénégalais», a dit Me Cissé. Le médiateur de la République a souligné qu’effectivement une quantité incommensurable de sucre, denrée périssable qui pourrait perdre de sa valeur, est stockée dans les hangars de la Css. Elle représente une importante somme d’argent qui pourrait être perdue. L‘attention est donc portée sur les capacités de la Css dont le médiateur est investi dans ses missions de contribuer à l’aménagement de l’environnement des affaires. Il ne peut donc pas regarder une entreprise de cette envergure, avec plus de 10 mille employés dans une ville comme Richard-Toll où elle cantonne les jeunes les empêchant de s’adonner à l’exode rurale ou à emprunter la haute mer, aller dans des difficultés. C’est donc «une mission de service public qui devrait décliner toute sa puissance pour que ceux-là qui importent le sucre indûment ou ceux-là qui importent le sucre sous couvert de l’amener au Mali et qui le verse sur le marché national arrêtent ou qu’ils soient arrêtés».
Selon Me Alioune Badara Cissé, son vœu est qu’au terme de ces visites qui le mèneront aussi à Mbane, la Médiature se donne davantage de visibilité et de proximité vis-à-vis des populations parce qu’elle n’a pas seulement vocation à servir Dakar et les capitales régionales. Me Cissé a été dans les départements de Saint-Louis et Dagana.
cndiongue@lequotidien.sn

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