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Dans le maquis du Balantacounda, le chef passe et le démembrement de la branche armée du Mfdc reste. A l’image de Ousmane Gnatang Diatta qui a fait les frais de son rapprochement avec l’Etat, Ibrahima Compasse Diatta se voit à son tour débarqué pour des contacts supposés avec le Groupe de réflexion pour la paix en Casamance (Grpc). Un bégaiement, en somme, de l’histoire de la rébellion dans le Balantacounda.

Si Ousmane Niatang Diatta fut débarqué avec fracas pour ses accointances avec l’Etat du Sénégal, c’est également de la même manière que son successeur à la tête de l’Etat-major de Sikoune, Ibrahima Compasse Diatta, est à son tour destitué du commandement de la zone Est, 7 ans après. Et pour cause ? Il est reproché au successeur de Ousmane Niatang Diatta, imposé à la tête de l’Etat-major de Sikoune par Nkrumah Sané, d’avoir eu à son tour plusieurs contacts avec le Grpc du ministre d’Etat Robert Sagna.
C’est à la suite de sa déclaration unilatérale et télédiffusée du 5 avril 2013, dans laquelle il avait soutenu avoir renoncé à l’indépendance, que Ousmane Niatang Diatta avait perdu une certaine crédibilité aux yeux de ses pairs. Des combattants pour qui son long séjour également auprès des autorités sénégalaises qui l’avaient aidé à aller se soigner en Espagne avait fini par le transformer.
En outre, les maquisards reprochaient à leur chef sa démarche solitaire et des initiatives prises sans l’assentiment de la base. Conséquences des collusions entre Ousmane Niatang Diatta et les autorités de l’Etat : L’homme fort de Sikoune qui n’avait ainsi plus sa place, selon ses pairs, dans le maquis sera débarqué avec fracas et remplacé par Ibrahima Compasse Diatta à la tête de l’Etat-major du Mfdc au niveau de la zone du Balan­ta­coun­da.

Un changement sur fond de bruit de bottes
Ce changement à la tête de l’Etat-major au niveau du Balantacounda coïncide avec des remous notés au niveau de la zone frontalière et stratégique de Bissine, commune d’Adéane. Un secteur où l’Armée a fini d’imposer ses bases il y a près de deux semaines, suite à quelques heures d’affrontements les 12 et 13 mai derniers avec des éléments d’Atika localisés dans la zone depuis plusieurs décennies.
En renforçant aujourd’hui sa présence sur cette bande frontalière, l’Armée va permettre le retour au bercail des populations de Bissine et environs qui avaient abandonné leur terroir au plus fort de la crise casamançaise en 1992 pour se réfugier dans les départements de Goudomp et de Ziguinchor. Ces populations aspirent à un retour au niveau de leurs terres qui regorgent d’énormes richesses économiques longtemps exploitées par des bandes armées.
L’autre enjeu de taille pour l’Armée, c’est d’annihiler le phénomène du vol de bétail très récurrent sur cette bande frontalière à cheval entre les départements de Goudomp (région de Sédhiou) et Ziguinchor. S’y ajoutent des enjeux liés également à la coupe illicite de bois, à la culture de chanvre indien et à l’insécurité ambiante notée lors de chaque campagne d’anacarde avec son lot d’exactions et de violences perpétrées par des bandes armées sur les populations locales. Des exactions, des messages codés de bandes armées pour signifier aux communautés locales que les plantations, les vergers abandonnés sont leurs propriétés exclusives ; et que par conséquen, elles ne doivent plus s’y aventurer. Il y a plusieurs semaines que l’Armée a fini de procéder à l’installation d’une base militaire dans la localité de Bissine. Toutes choses vues toutefois d’un mauvais œil par les éléments d’Atika qui disposent aussi de cantonnements dans le secteur.
imane@lequotidien.sn

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