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Le poète Amadou Lamine Sall, président de la Maison africaine de la poésie internationale (Mapi), est le président du jury du concours de littérature aux 8es Jeux de la Francophonie. En marge de la proclamation des résultats qui a vu la consécration du jeune auteur sénégalais Mohamed Mbougar Sarr (Médaille de Bronze du concours de Nouvelle), il a invité les présidents africains à offrir des visas de circulation aux jeunes lauréats au sein de l’espace francophone.

Quel a été le niveau des candidats au concours de littérature  des 8es Jeux de la Francophonie ?
Le niveau était bon. Il était même excellent. Et cela a été difficile de départager les candidats. Il y avait 24  candidats et il fallait choisir 3. Ça a été un bon concours, le niveau de langue était très bien aussi. Nous avons vu des jeunes qui savent très bien écrire et qui savent bien parler la langue. Nous avons fait notre travail. C’est le Niger qui a remporté la médaille d’or. Le Canada a remporté l’argent et le Sénégal a gagné la médaille de bronze. Avant, le Sénégal n’a jamais eu de médaille dans ce concours de littérature. C’est donc une victoire. On s’en félicite. Les journalistes et les membres de délégations sont tous venus pour soutenir le Sénégal. Nous prions pour le Président Alassane Dramane Ouattara et tous les Ivoiriens pour qu’il y ait la paix en Côte d’ivoire. Parce que ce pays est un grand pays où il fait très bon de vivre.

Quelle était la particularité des œuvres qui ont été primées ?
La particularité c’est la maitrise de la langue, une écriture également très maitrisée et une créativité dans les techniques narratives. Nous avons également considéré la thématique qui a été traitée. C’est tout cela qui a fait que nous avons eu à choisir les 3 médailles.

Ne faudrait-il pas améliorer un peu le déroulement du concours ?
Oui ! Pourquoi pas ? Nous, nous avons proposé pour qu’il y ait  par exemple la poésie, la nouvelle, le théâtre, au lieu de s’arrêter seulement à la Nouvelle.

On a vu que les lauréats sont différents. Est-ce que cela s’est ressenti dans la rédaction de leur Nouvelle ?
Absolument ! A chaque fois qu’on lisait une Nouvelle, on était fixé géographiquement sur une carte. Que ce soit le Congolais, le Tchadien, l’Ivoi­rien, le Suisse, vraiment on voyait tout de suite la géographie et la culture. Je crois que c’est cela l’enrichissement de la Francophonie. Je crois que c’est cela qui nourrit la langue et qui nourrit la littérature de la Francophonie.

Vous avez dit que vous luttez pour que la Fran­cophonie offre un visa pour les jeunes, qu’en est-il exactement ?
C’est un combat que je mène depuis très longtemps. Je pense qu’il est tout à fait normal que par exemple, ces jeunes qui remportent des médailles puissent circuler librement dans l’espace francophone. On doit mettre des passeports à la disposition de ces jeunes pour leur permettre de voyager. C’est très beau ce qui s’est passé ici en Côte d’Ivoire. Nous avons vu un Suisse avec un Tchadien, un Ivoirien avec un Canadien et un Sénégalais avec un Nigérien. Et c’est un combat politique qu’il faut mener. Et il ne faut jamais s’arrêter de le dire et de le demander. Je lance l’appel au Président Macky Sall et à Alassane dramane Ouattara.

Pensez-vous que le Pré­sident par exemple entendra cet appel ?
Ah oui ! Je souhaite qu’il m’entende. Il n’y a pas que Amadou Lamine Sall, il y a tout le monde. Je me suis adressé d’ailleurs au président Ouattara, et à madame la secrétaire générale de l’Oif, Michael Jean. La question est politique mais on peut la résoudre parce que l’avenir de la langue française en dépend. Cette requête ne date pas d’aujourd’hui. Elle date depuis 8 ans, 9 ans mais les dossiers sont à l’étude et il y a certains pays qui bloquent. Mais je crois qu’on va y arriver.

Quel regard portez-vous sur la jeunesse francophone ?
J’ai un regard à la fois heureux et mitigé. Heureux, parce qu’il y a une rencontre autour de la Francophonie, autour des jeunes, on voit un engouement, de la joie et du talent. Mais l’autre revers de la médaille c’est qu’on ne se rencontre pas souvent. A chaque fois qu’on se rencontre, c’est toujours en Europe, en Asie. On se rencontre rarement chez nous en Afrique. Donc, il faut être optimiste et penser que nous allons y arriver. Il faut croire à cette jeunesse parce qu’elle est l’avenir.

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