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Aux auditions à l’aveugle, sa performance adulée par le public sous le tempo du son «Aminata» de feu Laba Sosseh avait séduit le jury de «The voice Afrique francophone» (notamment A’salfo et Singuila) et lui assurer une place au sein de ce concours sous régional de chants. Youssoupha Diène, taximan de profession, a par la suite franchi les échelons avant d’être éliminé lors des «épreuves ultimes» où il n’a pas convaincu avec la reprise d’un morceau de Youssou Ndour. De cette aventure de dimension internationale, l’artiste a beaucoup appris. «The voice Afrique» a été une aubaine pour ce taximan qui, dès 12 ans, avait découvert son amour pour le chant et dirigeait déjà le daara Hizbut-Tarqiyyah de Rufisque. Aujourd’hui et après 18 ans passés à «chercher sa voix», il projette de faire un duo avec le rappeur Duggy Tee.

Parlez-nous un peu de vous et de vos débuts dans la musique…
Je suis Youssoupha Diène, originaire de Rufisque, taximan de profession et un grand passionné de la musique. J’ai commencé à faire de la musique depuis 2007. Mais je chante publiquement depuis 1999, car j’étais dans un daara appelé Hizbut-Tarqiyyah à Rufisque. Et c’est là-bas que l’on m’a appris les bases de la musique. Les khassaides sont en effet comme un virus, au fur et à mesure qu’on les récite. Plus cela devient une passion et on tend à se perfectionner. C’est une formation naturelle que j’ai acquise dès le bas âge. En 2009, j’ai décidé de carrément me consacrer à la musique en reprenant des morceaux de RnB et de mbalax. Je fréquentais les musiciens du groupe Super Sound pour apprendre. De là, j’ai commencé à écrire mes propres textes sans pour autant proposer un produit sur le marché musical.

A ce jour vous n’avez donc sorti ni album ni single ?
Non. Je n’ai jamais sorti d’album, mais j’ai fait un single, Bouki ndiour. Ce dernier, sorti vers 1999-2000, n’a pas connu de succès. J’y parle de la mauvaise gouvernance. Après cela, j’ai tout arrêté et je me suis mis à l’écart pour apprendre la musique avec amour sans voir le temps filer.

Ce long apprentissage n’a-t-il pas retardé votre carrière musicale ?
Non. Cela ne constitue pas un handicap. Durant toutes ces années, j’ai passé mon temps à chercher qui j’étais réellement. J’ai cherché et trouvé un style qui me définit. Cela, comme l’ont fait les grands artistes comme Michael Jackson.

Un taximan-artiste, c’est assez insolite quand même non ?
Oui ! Je suis taximan et musicien en même temps. Peut-être qu’en ce moment cela devient difficile pour moi de cumuler les deux, mais que ce soit la musique ou la conduite, je les fais toujours avec amour et rigueur. C’est difficile de jumeler deux fonctions à la fois, mais je gère pour le moment.

Avant The voice Afrique, avez-vous eu à participer à des concours de chants nationaux ?
Oui ! Avant The voice Afrique, j’ai participé à des concours nationaux où j’ai terminé parmi les meilleurs, comme Oscar des vacances, Link show, Relève bi. Autant de participations qui n’ont pas servi à grand-chose, car il n’y a pas eu de promotion et le suivi qu’il fallait. Au Sénégal, on peut remporter un concours et après les gens ne vous connaissent même pas.
Comment avez-vous vécu The voice Afrique francophone ?
Ce fut une belle aventure qui m’a permis de réaliser mon rêve le plus cher, c’est-à-dire prouver au monde ce que je vaux et défendre les couleurs de ma patrie. Avec The voice Afrique, j’ai pu flirter avec le bonheur et les connaissances musicales. C’était une nouvelle découverte qui m’a boosté à réapprendre la musique.

Comment ?
Dès notre arrivée à l’aéroport d’Abidjan, le guide qui nous est envoyé ne nous amène pas directement à l’hôtel. Il nous conduit illico chez un coach vocal. Alors que moi je n’ai jamais connu de coach vocal depuis que j’ai commencé à faire de la musique. C’est là où a commencé mon apprentissage. Dans le studio, on y voit quelqu’un qui pensait tout connaître en musique et à qui on prouve le contraire. Aussi, on avait droit à un autre coach qui fait partie du jury de l’émission (Ndlr, Lokua Kanza, Singuila, A’salfo et Charlotte Dipanda). Ils nous ont appris ce qu’était la musique et comment accrocher son public. Ils nous ont prouvé que la musique c’était une connexion avec le public, une connexion invisible. Le chanteur doit attirer avec sa voix avant son physique. Les Blancs n’ont pas de complexe, ils usent de tous les moyens pour nous faire aimer leur musique.

Quelles étaient vos relations avec les autres candidats sénégalais comme Omar, Aïda, Saliou, Khady, Daniella entre autres ?
On avait une belle relation, on s’aidait mutuellement. Et même avec les autres candidats des autres pays, on se tutoyait comme des frères. Il n’y avait pas de discrimination. Tout le monde m’apprécie et on savait reconnaître le mérite de nos adversaires. Mais malheureusement pour nous, on a presque tous été éliminés avant la grande finale. L’aventure pour moi s’est terminée après les battles. Je n’ai pas pu franchir la troisième manche. Mais je rends grâce à Dieu, car j’ai beaucoup appris avec The voice Afrique.

Avec vos acquis, quels sont aujourd’hui vos projets artistiques ?
Même si je n’ai pas un style musical qui m’est encore propre parce que je fais de la world musique, j’aimerais quand même pouvoir la faire connaître. J’ai beaucoup de projets en tête et heureusement, mon coach vocal, Véronique Lalouette, qui m’a appris comment chanter, m’a contacté pour qu’on travaille ensemble. C’est une proposition spéciale dont je suis fier et que j’ai acceptée avec honneur. Il y aussi Duggy Tee qui m’a proposé de faire un duo avec lui après avoir visionné sur la toile ma prestation avec le tube Aminata. Une chanson qu’il a partagée pour me retrouver et pouvoir chanter avec moi. Je salue sa grandeur d’esprit et son humilité. En même temps, je suis en train de faire des enregistrements d’un Ep avec un Américain, Tony Blackman. Mais je ne sais pas encore quand est-ce que cela va sortir. Pour le volet social, j’ai été contacté par une Ong qui œuvre dans l’épanouissement des enfants handicapés. C’est quelque chose que j’ai toujours voulu faire pour aider les enfants en situation difficile. Je profite de la tribune qui m’est offerte pour remercier tous mes fans d’ici et d’ailleurs pour leur soutien inconditionnel durant et après l’aventure The voice Afri­que.
arsene@lequotidien.sn

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