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Au terme de trois jours de festival, de rire et de comédie, Guedel Mbodj, initiateur du Festival du théâtre et du rire de Kaolack (Fest’rire), s’est exprimé pour faire le bilan, parler de ses motivations et lister ses projets pour une Kaolack culturellement émergente.

Pourquoi avoir initié un tel festival à Kaolack ?
«Je l’ai fait pour plusieurs raisons. D’abord nous sommes partis d’un constat, Kaolack n’avait pas d’évènement culturel majeur, Kaolack n’était pas inscrite dans l’agenda culturel du Sénégal, Kaolack ne figurait nulle part. Il fallait quand même que Kaolack ait une visibilité à l’instar des autres localités, comme Louga, Saint-Louis, Bandafassi, Podor et autres. Toutes ces grandes villes avaient un évènement culturel de dimension régionale ou même internationale. Nous ne voulions pas être en reste, raison pour la­quelle nous avons initié cet évènement qui avait pour objectif d’être domicilié à Kaolack et de s’inscrire dans l’agenda culturel.  Nous avons réussi ces deux objectifs, au bout de 10 ans d’existence.»

Lors de la cérémonie d’ouverture, on a constaté l’absence des autorités locales. N’est-ce pas frustrant ?
Je le déplore. Mais je me dis, peut-être, que ces autorités n’avaient pas le temps. Je sais que sans prétention avec la fonction (ambassadeur itinérant et Bour Saloum) que j’occupe, je peux les remplacer, je peux parler au nom du président de la République ; c’est pourquoi je n’en fait pas cas.

Au cours du festival, on a remarqué une grande complicité entre les comédiens. Etait-ce l’objectif de départ de ce festival ?
La complicité a toujours existé entre les artistes. Au départ, je n’étais juste qu’un acteur culturel,  un citoyen qui voulait voir sa ville figurer dans l’agenda. Et de fil en aiguille, est née cette complicité. De cela a découlé sur beaucoup de choses, nous avons finalement réussi à créer, à partir de cet évènement, l’As­sociation des artistes comédiens. C’est de là qu’est partie l’Arcots qui a réussi à s’implanter dans toutes les régions du Sénégal, qui peut se vanter, se glorifier d’avoir plus de 700 membres. C’est ce qui est magnifique. On a aussi réussi à atteindre un autre objectif important : fédérer les artistes et  créer des éléments de fraternité entre eux. Cet évènement était l’occasion de prouver au monde leur solidarité, leur unité dans un esprit d’entraide.

L’année 2017  a été déclarée celle de la culture. Le fait de relancer le Fest’rire après 5 ans de pause, est-ce pour vous une façon de marcher dans le même sens que le chef de l’Etat ?
Tout à fait, nous avons pensé que c’était l’occasion de relancer le festival. Quand on a su que le président de la République a décrété 2017, année de la culture, c’était l’occasion de lui retourner l’ascenseur. C’est pourquoi cette édition a été choisie pour «Sargal» (Ndlr : rendre hommage à) Macky Sall.

On est au terme du festival. Pouvez-vous nous en faire le bilan ?
Je ne peux pas faire de bilan, parce qu’il y a beaucoup de choses que je ne maîtrise pas, ce n’est pas une activité économique pour parler d’actif ou de passif. Nous, on essaye de satisfaire tout le monde, de faire vivre la ville pendant quatre jours, et cela n’a pas de prix. La seule évaluation qu’on peut faire, c’est dire que tout le monde est content, maintenant les dépenses peu importe. L’essentiel, c’était que chacun ait un séjour agréable.

A combien peut-on estimer le coût global de cette 11ème édition du Fest’rire ?
Je n’ai pas comptabilisé, mais on s’en sort toujours très endettés. C’est un évènement que nous avons initié, donc, on n’a jamais voulu compter sur les autres pour le démarrer, c’est ce qui fait qu’on en sort très endettés. Mais cela vaut le coût. Cela me fait plaisir de voir tout ce monde pendant quatre jours, heureux, partager, faire rire les gens. On en a bien besoin  des fois dans la vie d’avoir des moments récréatifs. Et là on se rencontre qu’à chaque édition, on fait la connaissance d’autres gens  qui étoffent ton carnet d’adresses et t’enrichissent. Voilà le plaisir que nous en tirons et qui nous fait même oublier les dépenses.

En dehors du festival, on nous a soufflé que vous avez d’autres projets pour Kaolack…
Nous avons un projet pour une  «Kaolack émergente» qui va porter la ville à un niveau où sa vocation première sera retrouvée ; c’est-à-dire sa vocation culturelle, économique, du tourisme religieux. Le projet a été bien élaboré qui, une fois validé, va permettre à Kaolack de se placer parmi les plus grandes villes du Sénégal et même de l’Afrique de l’Ouest.»

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