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Comment est née l’idée de Bibook ?
A l’origine, il y a une rencontre : celle des jeunes informaticiens de la start-up bamakoise We’re solution. Première expérience : je leur demande de faire le site du théâtre de l’Arlequin basé en France à Morsang-sur-Orge dans l’Essonne, puis celui de la compagnie malienne BlonBa et du réseau d’action artistique Culture en Partage. Un résultat plus que convaincant… Alors l’idée de BiBook m’est venue.
Bibook est le premier éditeur numérique africain ?
La configuration dans laquelle BiBook se place est en effet, je crois, unique sur le continent : un éditeur «classique» qui publie sur le net des ouvrages d’auteurs vivants d’Afrique ou liés à l’Afrique, doublé d’un outil de promotion de la lecture et de la culture avec une offre régulière d’ouvrages gratuits représentatifs de la culture du XXIe siècle, en Afrique et dans le monde.
Qu’est-ce que ça change pour les auteurs africains ?
Aujourd’hui, en Afrique, beaucoup de textes restent dans les placards faute de solution pour les publier. Sur le continent, l’édition est très souvent à compte d’auteur, l’écrivain devant avancer le coût de fabrication du livre. Et le marché du livre papier est très maigre. BiBook publie ses ouvrages à ses frais -beaucoup moins lourds que pour le livre papier- et verse les droits d’auteur au premier livre vendu : 20% du prix de vente. C’est une vraie révolution.
Et avec quel argent ? Avez-vous des aides ?
Le travail initial -réalisation de l’application, recherche éditoriale et mise en forme des premiers textes- a entièrement été fait par de l’investissement travail. Mais ça bouge un peu. Le programme STAR, de la coopération suisse, nous a accordé un financement pour l’acquisition de matériel et pour la promotion. Un professionnel allemand vient de se joindre à l’équipe technique. L’Insti­tut français a participé à la popularisation du projet et la ministre malienne de l’Econo­mie numérique nous a assuré de son soutien.
Mais le projet est pensé pour pouvoir vivre de façon autonome. Un premier test de promotion sur Facebook nous donne beaucoup d’espoir. Pour un investissement de 20 euros et une audience concentrée sur la ville de Bamako, l’annonce de BiBook a touché 10 994 personnes et généré 2 501 «j’aime» soit près d’un quart des personnes touchées. C’est plus qu’encourageant.
rfi.fr

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