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Ombre Zion a assuré ce samedi à l’Institut français de Dakar un show apprécié du public. Entre séances de photos avec ses fans et l’œil vigilant de son staff, l’artiste a exposé ses sentiments d’après-concert.

Quelles sont vos impressions après le concert ?
J’ai été très ravi de voir le public chanter et bouger avec moi. On avait déjà joué ici en 2012, c’était avec Joony production, «Les découvertes de Ccf» (Centre culturel français devenu Institut culturel français). Beaucoup de gens nous demandaient pourquoi on ne joue pas de spectacle ici. C’était un plaisir parce que la logistique est là, tout est bien organisé. Cela m’a fait beaucoup de plaisir de partager ces bons moments avec mes fans, tout le monde était content. C’était important pour moi aussi de présenter ma musique parce qu’on manque un peu de diffusion par rapport à ce qui se passe au Sénégal. Ces genres de plateformes nous permettent de développer notre musique et de la montrer à un autre public.

On a vu que vous avez fait voyager entre différents genres musicaux. C’est ce qui fait d’ailleurs votre force dit-on…
Je n’ai pas peur de creuser en moi et de savoir que Dieu m’a donné un cadeau pour servir la diversité. Tout le monde sait que le mélange est l’avenir. Au­pa­ravant, les gens étaient conservateurs. Ils sont restés roots et ne voulaient pas s’ouvrir comme Bob Marley lui-même qui a propulsé le reggae un peu partout dans le monde et qui était critiqué parce qu’il voulait mélanger ce reggae avec d’autres sonorités pour mieux le vendre. J’ai grandi dans le milieu hip-hop reggae. Il faut que ces couleurs se reflètent dans mes compositions musicales. Je suis Sénégalais, j’ai dansé le mbalax sur scène parce qu’on le connaît. Je vais apprendre le ngoyane, le ngel et tout ça pour les mélanger avec le reggae afin que ça soit pur. Même les Jamaïcains disent qu’ils veulent revenir en Afrique. C’est à nous de leur montrer ce qu’il y a en Afrique.
Dans vos chansons il est question d’amour, mais aussi des clivages sociaux. Pour vous, être reggae man signifie-t-il être un artiste engagé ?
J’ai grandi dans la banlieue. Il est fort probable que mon inspiration me vienne de la banlieue. Cela me permet surtout d’épancher le cœur de toute cette population qui souffre, de passer des messages pour dire aux autorités, à nos gouvernants, qu’il y a des gens qui souffrent intérieurement. Nous ne le disons pas comme un signe de révolte. On fait de la musique pour partager de l’énergie positive et on livre nos messages positivement.

Selon certains observateurs, Ombre Zion a connu un grand retard dans l’évolution de sa carrière. Qu’est-ce qui l’explique ?
C’est parce que tout simplement j’ai voulu rester au Sénégal. Alors qu’ici le reggae n’est pas assez bien diffusé. Il y a un manque criard d’émissions et de plateaux télévisés consacrés au reggae. Il n’existe pratiquement pas de plateforme pour les reggae-men. Ce qui fait que finalement je ne suis pas assez diffusé. Même si j’arrive à produire un beau clip, il n’y a pas assez d’émissions pour le diffuser. Il n’y a pas assez de productions de reggae. Il n’y a pas assez de mouvements. C’est ce qui, à vrai dire, retarde un peu l’évolution du genre. Je n’ai pas choisi d’aller vivre ailleurs parce que j’ai choisi de rester au pays et continuer d’y travailler. Je sais que c’est très difficile, mais cela va porter ses fruits. Là nous sommes en train de travailler sur deux albums : un afro dance hall et un autre reggae avec un très grand monsieur. Il s’agit de Manjul qui est à l’origine des premières productions de Tiken Jah Fakoly. Il a aussi produit Takana Zion de la Guinée et Natty Jean du Sénégal. Nous sommes en train de finaliser ces deux albums et pour moi 2018 sera un nouveau départ et un nouvel élan.

Le public et vos fans ont répondu ce soir à votre appel. Quel mot leur adressez-vous ?
Je suis très content d’eux. Même s’ils ne sont que deux personnes à me suivre, je suis toujours très motivé. Ma philosophie me dicte d’avancer lentement, mais sûrement. Comme le disait si bien Serigne Fallou : «Kou né tekk, tekk wone la yone bi.» (Rien ne sert à courir, il faut partir à point nommé). J’admets que nous sommes un peu en retard au niveau musical. Parce que tout n’a pas été toujours bien organisé et il faut le reconnaître. Mais aujourd’hui, mon ambition est de devenir une star. Quand je dis star, je ne fais pas allusion à ces starlettes, je parle plutôt en termes de représentativité de l’Afrique de l’Ouest francophone. Je voudrais être une star pour pouvoir être programmé un peu partout à travers les autres pays d’Afrique. Il faudrait, à l’instar de ces artistes que l’on invite régulièrement au Sénégal, que l’on arrive nous aussi à être programmés un peu partout à travers le monde et que l’on représente dignement notre pays. Je demande à ce public, à mes fans, de prier pour moi. Je pense que cela pourra se faire.

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