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En marge de la cérémonie de lancement du Festival Nangadef, le coordonnateur du Fonds de développement des cultures urbaines s’est voulu rassurant sur la gestion de ce fonds. Oumar Sall a expliqué que certaines structures publiquement connue ont des problèmes pour rédiger un bon projet. Par conséquent c’est ce qui explique qu’elles n’ont pas eu de financement.
Comment se gère le Fonds de développement des cultures urbaines que vous coordonnez ?
Le Fonds de développement des cultures urbaines est une demande des acteurs à laquelle le président de la République a répondu favorablement. C’est ainsi que 300 millions ont été mis sur la table.  Mais étant donné qu’il s’agit des fonds publics, il faut des garanties qu’ils seront bien utilisés. Mais en aucun cas l’Etat ne s’est immiscé dans la gestion. Ce sont les acteurs qui ont décidé comment ce fonds allait être géré.
Certains groupes comme Diégui Rail n’ont pas reçu de subvention. Pourtant ils font la promotion des jeunes talents. Qu’est-ce qui explique cette situation ?
On a 300 millions Cfa. On a fait un appel à candidatures. On a expliqué les critères d’éligibilité en faisant le tour du Sénégal. Après il y a ceux qui sont compétents à rédiger un projet et des artistes. Car écrire un projet ça s’apprend. Au final on a reçu 150 dossiers pour 300 millions. Vous conviendrez que même si on devait faire une répartition équitable, ça ne servira à rien. On a alors créé un comité de lecteurs composé de Massamba Guèye (Conteur), Abdoulaye Niang de l’Université Gaston Berger, Fatou Kandé Senghor (réalisatrice), Ibrahima Wone, etc. Ce sont des personnes d’une intégrité incroyable. Aucun des membres du comité de lecture n’est membre d’aucune structure. Ils ont sélectionné 33 dossiers qu’ils ont transmis au comité de gestion. Le seul reproche qu’on peut nous faire : après financement, on s’est rendu compte qu’il n’y avait aucun projet venant du Sud. Kaolack, Louga, Fatick et Foundiougne n’ont pas été financées. On a par conséquent alloué certains fonds pour les aider dans la formation afin de leur permettre de présenter de bons dossiers à la prochaine édition. Sinon personne ne peut dire : «J’ai déposé mais on ne m’a pas pris parce qu’on ne m’aime pas.»
On comprend qu’il y ait des critères d’éligibilité mais c’est tout de même paradoxal de financer une structure qui organise des matchs de football entre mbalaxmen et rappeurs alors que des structures qui offrent une plateforme d’expression aux jeunes talents n’ont rien reçu ?
Avant le Fonds de développement des cultures urbaines, Diégui Rail a toujours été soutenu par la Direction des arts. Ils ne peuvent pas dire que le ministère ne les a pas accompagnés. Je connais les jeunes de Diégui Rail, on peut être frustré mais quand on n’a pas un bon projet il faut l’accepter. Le projet de Baxaw dit ceci : il y a des rappeurs qui ne sont plus là. Et ils ont laissé de la famille. La structure de Baxaw organise des matchs et cherche des sponsors pour payer la scolarité de ces orphelins. Pourquoi veut-on s’en prendre à ces gens-là ? Il n’y a rien de plus humain que ça. Un autre point : avant on disait que rappeurs et mbalaxmen n’étaient pas en bons termes. Maintenant ils ont des relations amicales. On ne peut pas être violent entre nous-mêmes et un projet qui promeut ça, en plus ils ne demandent même pas beaucoup d’argent. C’est le financement le plus petit de ce fonds qu’on leur a octroyé. Je crois que c’est 2 millions 500 mille. Pourquoi s’attaquer à ces gens-là ? Cela n’a pas de sens. Il faut accepter que l’on ait postulé et les autres ont gagné parce qu’ils sont plus forts.
Que faut-il faire pour pérenniser ce fonds ?
La finalité, c’est de faire du développement dans 10 ou 15 ans. Ça commence par l’accompagnement qui est une mission de l’Etat. Quelqu’un qui est dans une dynamique de développement, qu’on accompagne financièrement pendant un an, s’il est performant dans 2 ans, il n’aura plus besoin du fonds. Nous sommes dans cette dynamique-là. Aujourd’hui cela peut ressembler à un investissement à perte mais investir dans l’humain n’est jamais perdu.       
mgaye@lequotidien.sn

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