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Timoor Diop Mambéty, fils du défunt cinéaste Djibril Diop Mambéty, consultant en communication, est présent à Tunis dans le cadre de l’hommage que les Journées cinématographiques de Carthage rendent à son illustre père. Artiste musicien, il fait aussi dans la création audiovisuelle notamment celle documentaire.

Quel regard portez-vous sur l’organisation du cinquantenaire et cet hommage à Djibril Diop Mambéty ?
«Cet hommage est une bonne chose. C’est l’occasion de faire une projection rétrospective. Déjà juste pour les cinéphiles c’est intéressant.  C’est une occasion pour les jeunes qui aiment le cinéma ou qui veulent apprendre aussi, de diversifier leur horizon. Je ne vois que du positif à avoir par rapport à l’initiative. Il faut saluer leur courage pour mener l’initiative jusqu’au bout. Maintenant pour ce qui est du purement professionnel, j’encourage toujours plus d’interaction entre des acteurs de marché de l’audiovisuel et les festivals pour que ça reste pas juste un évènement ponctuel où on a eu le plaisir d’échanger autour du cinéma, mais que, après ça ne crée pas de la valeur jusqu’au prochain festival. J’espère qu’il y aura de l’interaction entre par exemple les chaînes de télévision qui achètent des films etc et ceux qui en font. Il se fait des films en Afrique chaque année, donc ce qui est important, c’est qu’à terme que ces films-là aient une existence au sein du public et dans toutes les régions de l’Afrique. Il y a des pays comme le Burkina Faso qui ont la chance d’avoir un vrai public (…) au cinéma etc. Je pense que c’est le cas ici en Tunisie et c’est le cas en Afrique du Sud par exemple. Mais il faudrait que le cinéma africain soit vu par les Africains et un des moyens d’y parvenir c’est la télévision. Il y a des pays où il n’y a même pas de salle de cinéma…

Portez-vous facilement cet héritage en tant que «Fils de…» ?
C’est facile, parce que tout le monde est le fils ou la fille de quelqu’un. Et aujourd’hui il y a beaucoup de gens qui sont fils ou filles de quelqu’un. Donc ça n’a rien de difficile. Ce n’est pas difficile pour vous d’être le fils de votre papa (rires)… Je dois remercier tous ceux qui ont apporté des témoignages sur mon papa. Catherine Ruelle, Farida Ayari, Cheikh Omar Cissokho et tous les autres… Nous en avons tous appris sur qui a été Djibril Diop Mambéty.

Quand on arrive à ce genre de manifestation, est- ce qu’il y a un ressenti particulier par rapport à cette position que vous occupez ?
Il n’y a pas de ressenti particulier, autre que celui d’une responsabilité, de savoir qu’on est là pour beaucoup. Parce que son père ou sa mère a fait tel ou tel travail qui a pu marquer les esprits. Après, il faut savoir certes venir avec ses propres compétences et sa propre personnalité et avoir quelque chose à dire. Quand on n’a pas quelque chose à dire, on se tait et on observe. Et maintenant voilà, quand un patrimoine existe, il faut savoir en faire quelque chose. Le travail de mon père, ce n’est pas mon travail. Maintenant le fait d’en bénéficier, ce que j’essaie de faire, c’est que ces films soient vus dans des centres d’art contemporain, des festivals, des salles de cinéma, qu’ils soient reproduits dans des éditions numériques, des coffrets Dvd etc. Il y a beaucoup d’initiatives qui sont proposées auxquelles j’adhère quand elles sont bien menées.

Oui ! Des initiatives personnelles, on en prend aussi avec les proches et les partenaires. Djibril Diop Mambéty, c’est un patrimoine. Le fait qu’il soit un patrimoine familial, n’en fait pas moins un patrimoine culturel pour le monde. C’est comme la littérature qui nous laisse plein d’auteurs. On la fait vivre par divers moyens mais il ne faut pas avoir la grosse tête. Il faut aussi avoir l’humilité de dire qu’il s’agit juste de quelques films qui sont bons et qui sont des cas d’école pour beaucoup de gens qui aiment le cinéma. Mais il faut savoir faire avec les moyens que l’on a. Et surtout quand on travaille sur du patrimoine, il ne faut pas oublier soit même d’essayer de créer un patrimoine aussi et de se mettre au travail tous les jours.»

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