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Pendant 7 ans, la «Gouvernance sobre et vertueuse» a paru aux yeux de bien de Sénégalais, plus comme un slogan de prise de pouvoir qu’un modèle de gestion du pays. D’ailleurs, c’était courant, de la part des opposants au régime, de balancer ce slogan aux tenants du pouvoir chaque fois qu’une situation se présentait qui pouvait ressembler à une dérive. Néanmoins, depuis sa prestation de serment, on a le sentiment que Macky Sall veut vraiment faire bouger les choses, et faire enfin le difficile, à savoir, imposer un changement de mentalités aux Sénégalais.
Nous disions mercredi dernier, à cette même place, que le chef de l’Etat a besoin de rendre visibles les actions qui marquent sa volonté de changer les mentalités. Il a enfin compris que la compétitivité économique n’est pas qu’une question d’infrastructures et que les comportements des citoyens pouvaient influer la solidité du taux de croissance. N’est-ce pas cela qu’il faut comprendre quand Macky Sall déclare que «l’expérience montre en effet que la discipline individuelle et collective est un facteur de compétitivité et de croissance économique». Même s’il a été confortablement réélu, Macky Sall semble enfin avoir compris que son Peuple n’avait pas renoncé au rendez-vous qu’il lui avait fixé en 2012. Une bonne partie des thèmes qu’il a brossés depuis le 2 avril était déjà contenue dans ses discours de prise de fonction de son premier mandat. C’est comme s’il les rappelait pour assurer que cette fois-ci, il va bien les mettre en œuvre.
On se souvient que, lors de son discours d’investiture, il avait indiqué vouloir un pays «avec zéro déchet». Au-delà de remettre en place une société de nettoiement solide et dotée de tous les moyens, avec la possibilité de recycler les déchets qui le peuvent, les citoyens devraient être formés à des actes élémentaires de civisme.
Ne pas encombrer nos artères de toutes sortes de détritus devrait, le Président y pense sans doute, être le prélude et le signe avant-coureur de différents changements et d’acquisition de plus de respect dans nos habitudes. Respect de notre prochain, respect du bien commun, et par ricochet, respect de nous-mêmes. Et même sur ce volet, on se rend compte que le chef de l’Etat, dans son adresse à la Nation, y a fait une certaine allusion. Quand il a tenu à saluer la publication prochaine des premiers volumes de «l’Histoire générale du Sénégal…», il a voulu souligner en un certain sens, que ce pays et ce Peuple ont en une certaine période, connu des épisodes de grandeur qui devraient nous servir de balises en cette période pleine d’incertitudes où des forces centrifuges mettent à mal la stabilité de beaucoup de nos voisins.
Si le Sénégal a jusqu’ici pu échapper à certaines dérives, il le doit aussi à son passé, mais la jeunesse actuelle connaît mal son histoire. Souhaitons cependant que les différents volumes de cet ouvrage soient à des prix qui soient accessibles au plus grand nombre.
Cependant, le plus grand défi de Macky Sall est loin d’être son Peuple ; c’est plus son proche entourage et ses collaborateurs. Le Peuple sénégalais est demandeur de changement, assoiffé d’ordre et de discipline. Mais il est aussi et surtout, frustré par l’impunité dont semblent jouir ceux qui sont épinglés dans des actes de mauvaise gestion et d’indiscipline, protégés par leur proximité réelle ou supposée avec des tenants du pouvoir. Si Macky Sall met en application sa résolution de l’époque où il disait qu’il «ne protègera(it) personne», il aura une bien meilleure place dans l’histoire de ce pays, que celle assurée par les routes ou les bâtiments.

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