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Hier, les Sénégalais ont encore entendu le chef de l’Etat s’engager à changer leurs conditions de vie. Non pas en les dotant de plus d’infrastructures ou en les gavant des recettes issues de nos hydrocarbures à venir, mais plutôt en instaurant un peu plus de discipline dans nos vies.
Macky Sall s’est fait grandement applaudir par l’assistance quand il a appelé «à une mobilisation générale pour forger l’image d’un nouveau Sénégal ; un Sénégal plus propre dans ses quartiers, plus propre dans ses villages, plus propre dans ses villes». Qui ne pourrait souscrire à une si forte profession de foi du chef de l’Etat, dans un pays où le laisser-aller et le laisser-faire ont conduit à tous les excès physiques et moraux ?
Le cadre et le moment choisis pour proclamer cela se voulaient une indication de la solennité de l’engagement. On peut donc croire le président Macky Sall quand il nous déclare vouloir prendre «sans délai des mesures vigoureuses dans ce sens». Mais on se garde bien d’applaudir tant que l’on n’a pas encore vu la mise en œuvre.
Sauf à vouloir commettre un crime de lèse-majesté, on ne peut mettre en doute la parole d’un chef de l’Etat, surtout au moment où il prend fonction, et devant plus d’une dizaine de ses pairs étrangers. Néan­moins, il ne gênerait personne de rappeler que les pratiques du septennat écoulé ont de quoi soulever le scepticisme des plus crédules.
Le Président qui veut protéger les zones agricoles des Niayes, est celui qui les a fortement réduits en implantant sa nouvelle ville de Diamniadio sur des terres de culture. Le technopole qu’il déclare vouloir protéger, est déjà fortement menacé par l’Arène de lutte construite dans son voisinage, malgré les recommandations les plus avisées qui lui avaient été faites. Et la «forêt de Mbao», dernier vestige du couvert végétal dakarois, est chaque jour rogné, autant par les populations des alentours que par des ukases politiques dont on cherche toujours la pertinence.
S’agissant de la réforme de l’Administration, le chef de l’Etat a eu le bon goût de rappeler les travaux du Forum national tenu en 2016 sur le même thème, mais dont les conclusions n’avaient à ce jour, connu aucun début de mise en œuvre. Plusieurs acteurs se sont, depuis, engagés dans la voie de la recherche des solutions. On verra si Macky 2 les suivra enfin dans leur volonté, car en fin de compte, tout ne dépend que de lui. Il en est ainsi aussi de la volonté de réaliser les projets en mode «fast tract». Renouvelée après le dernier Groupe consultatif de décembre 2018, cette volonté n’avait jamais vu de manifestation concrète sur le terrain. Et l’on ne parlera pas ici des mesures enterrées après un bon démarrage. C’est le cas de la décision de baisser les loyers, qui semble être morte après des bons résultats, qui n’ont pas connu de suivi.
C’est dire donc que si le Président veut travailler à réformer la société, il sait ce qu’il doit faire, mais surtout, il doit rendre visibles ses décisions. Et pour ce mandat, il n’aura pas d’état de grâce. Donc, il doit dès demain, se mettre au travail. On le jugera à l’œuvre.

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