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Le Covid-19 va certainement laisser des séquelles pulmonaires aux patients infectés par la maladie, prévient Pr Abdoul Kane, chef du Service de cardiologie de l’hôpital Dalal Jamm, situé dans la banlieue dakaroise.

«Le coronavirus qui nous hante aujourd’hui sera probablement une maladie qui va compter demain parce qu’elle va probablement donner des séquelles pulmonaires, favoriser des inflammations au niveau des artères et donc favoriser des maladies cardiovasculaires et peut-être d’autres types de maladies chroniques.» C’est le diagnostic du Pr Abdoul Kane, chef du Service de cardiologie de l’hôpital Dalal Jamm. Il intervenait samedi au webinaire sur les maladies liées aux comportements, à l’initiative de l’Université Cheikh Ahmadou Bamba (Ucab), en prélude au grand Magal de Touba. Il est largement revenu sur les habitudes saines de vie pour éviter les maladies chroniques telles que le diabète, l’hypertension artérielle, les maladies cardiovasculaires, les maladies rénales, les cancers etc. D’après lui, les facteurs qui les favorisent sont, entre autres, le tabac, l’obésité, l’alcool, l’hypertension artérielle, la sédentarité, le mauvais comportement alimentaire, et le Vih/Sida qui est un promoteur des maladies chroniques. «On considère aujourd’hui que 30% des décès cardiovasculaires, et c’est vrai aussi en partie pour le cancer et les autres maladies chroniques, sont liés à l’excès de sel, de graisse, à cette alimentation très calorique, au surpoids. Et les maladies rénales sont souvent d’ailleurs très liées à celles cardiovasculaires», complète Pr Kane. Ce dernier recommande d’ailleurs aux populations «de faire attention aux aliments industriels, d’éviter les aliments riches en sel, de perdre du poids, mais aussi de faire des exercices physiques réguliers, soit 45 mn à 1h par jour, au moins 3 à 4 fois par semaine, ne pas prendre d’aliments trop sucrés, d’éviter les boissons énergétiques, d’arrêter de fumer, de manger des fruits et des légumes, de se faire dépister».
En écho, Pr Massamba Diouf, épidémiologiste, estime qu’il faut changer de stratégie de communication face au déni et à la résistance, en mettant en avant les dignitaires mourides, pour qu’elle puisse atteindre de nombreuses cibles. Le scientifique conseille aux fidèles mourides de manger de la viande bien cuite, de s’assurer aussi que le lait qu’ils consomment est bien pasteurisé. Il demande également une protection des couches vulnérables, en faisant en sorte qu’elles ne puissent pas y aller. En outre, toujours à titre préventif, Pr Diouf estime que l’Etat doit plutôt favoriser la reforestation en lieu et place de la déforestation. Il doit privilégier le reclassement en lieu et place du déclassement. «Nous avons entendu ces derniers temps au Sénégal, où on parle de forêt qui sera déclassée pour encourager l’installation d’habitations. Tout cela est l’une des conséquences qui pourraient entraîner la résurgence de certaines pathologies en rapport avec l’animal», a-t-il ajouté. Autre aspect, dit-il, il faut toujours privilégier des communications avec des prévalences positives. Par exemple, au lieu de parler de cas ou de victimes de coronavirus, on pourrait insister sur des personnes prises en charge dans le cadre du traitement du Covid-19. «Ce sera une manière, selon lui, de réduire plus ou moins la stigmatisation à l’échelle des communautés.»

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