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Le ministre de la Santé et de l’action sociale avait annoncé la mise en place du Conseil national de dons d’organes et le début du processus de transplantation rénale au Sénégal. Neuf mois après, toujours rien. Les insuffisants rénaux sont toujours dans l’attente. En prélude à la journée mondiale du rein, le directeur de la Maladie annonce encore la mise en place de ce conseil. Une énième annonce qui agace les insuffisants rénaux.

La mise en place du Conseil national de dons d’organes est imminente. Amadou Doucouré, directeur de la Maladie, en prélude à la Journée mondiale du rein prévue demain, a fait l’annonce hier. D’ailleurs, «des personnes devant être membres de cette instance ont été déjà identifiées», soutient-il. Mieux, il affirme que «la signature est dans le circuit. Les membres seront nommés très prochainement et après ce sera le début du processus de la transplantation rénale au Sénégal». Une bonne nouvelle pour les insuffisants rénaux, qui pourront se faire greffer.
Mais, on se rappelle qu’au lendemain de la signature des décrets d’application de la loi autorisant la transplantation au Sénégal, en juillet 2018, une voix plus autorisée, notamment celle du ministre de la Santé et de l’action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, avait annoncé la mise en place de ce conseil. Le ministre avait même donné le nombre de personnes membres de cette instance de régulation et de coordination (12 personnes). Aussi il avait ajouté qu’avec ce conseil, le processus de la transplantation avait démarré au Sénégal. Neuf mois après, on est toujours au point de départ.
Il faut rappeler que la loi autorisant la greffe a été votée en 2015. Et ce n’est qu’en 2018 que les décrets d’application ont été signés. Et jusque-là, on attend la mise en place d’un Conseil national de dons d’organes, des lenteurs que les insuffisants rénaux n’arrivent pas comprendre. Sur­tout que malgré les efforts de l’Etat pour équiper les régions de centres de dialyse, plus de 800 personnes sont sur la liste d’attente. «Et cette maladie n’attend pas, si le malade ne fait pas ses séances de dialyse, il meurt», soutient Ah­met Sarr, président de l’As­sociation nationale des insuffisants rénaux du Sénégal. Pour lui, le traitement ultime de cette maladie, c’est la transplantation. «La preuve, note-t-il, après 10 ans d’ef­forts, le Sénégal n’arrive à pren­dre en charge que 753 ma­lades. Cela pose problème», sou­tient-il.
Autre problème soulevé par le président de l’Association nationale des insuffisants rénaux du Sénégal, le coût élevé des médicaments. Même s’il y a des «efforts qui rendent la dialyse gratuite, il faut préciser que les médicaments et les examens qui doivent accompagner le traitement coûtent excessivement cher et ne sont pas à la portée de toutes les bourses», regrette-t-il. Ahmet Sarr préconise la sensibilisation. Il estime que la prévention est la seule arme contre cette maladie. D’ailleurs, le thème de cette journée est «Des reins sains partout et pour tous». Une invite pour que chacun puisse adopter une alimentation saine, «en mangeant moins salé, moins gras et moins sucré», préconise M. Doucouré.
Cette année, la cérémonie va se dérouler demain à Pikine. Ce sera une occasion pour inaugurer le centre de dialyse de Pikine. Une séance de dépistage et des activités de sensibilisation sont aussi au menu de la journée. Toujours pour accompagner les malades, le ministère de la Santé et de l’action sociale a élaboré un plan intégré multisectoriel pour lutter contre l’hypertension artérielle et le diabète qui sont, selon Dr Doucouré, les principaux pourvoyeurs de maladies chroniques. En perspective, le ministère an­nonce l’ouverture prochaine des centres de dialyse à Kolda Sé­dhiou, Kaffrine, Fatick de Dioum et d’une 2ème unité à Touba. «Des efforts pour réduire la liste d’attente», conclut Dr Doucouré.
ndieng@lequotidien.sn

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