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président de l’Observatoire des Pma

La plupart des directives fixées par le Programme d’action d’Istanbul de 2011 n’ont pas été respectées par le Sénégal. Résultat : il fait toujours partie des 47 Etats classés «Pays les moins avancés».

Le Sénégal fait toujours partie des 47 Etats (33 en Afrique) qualifiés de Pays les moins avancés (Pma). Une consultation organisée hier par l’Africaine de recherche et de coopération pour l’appui au développement endogène (Arcade), a mon­tré que le pays n’a pas respecté la plupart des directives du Programme d’action d’Istanbul (Pai), document initié en 2011 et visant à les sortir de la catégorie des Pma à l’horizon 2020. Selon la revue triennale de 2015 du Comité pour la politique de développement, un organe rattaché au Conseil économique et social (Ecosoc) des Nations-Unies, le Sénégal n’a rempli aucun des critères requis pour sortir de la catégorie des Pma, ce qui signifie que le pays a encore un long chemin vers la porte de sortie. «En science, technologie et innovation, des efforts ont été observés ces dernières années pour booster la croissance dans tous les domaines. Mais la plupart des grands projets sont confiés à des entreprises étrangères. Nos privés ne trouvent que des miettes. Notre secteur privé n’a pas les moyens de concurrencer les autres», regrette Demba Moussa Dembélé qualifiant l’emploi des jeunes de «cauchemar» pour le gouvernement.
D’après lui, sur le plan agricole, «il y a encore du travail à faire pour assurer une certaine sécurité alimentaire à nos populations au même moment la pauvreté a augmenté». Sur le plan économique, l’économiste note que l’Etat se targue du nombre d’écoles construites, tandis que «pour les examens, les résultats sont catastrophiques». S’agissant de la bonne gouvernance, M. Dembélé estime que les instruments de contrôle servent au Président Macky Sall à «liquider» des adversaires politiques. Il en veut pour preuve l’affaire Khalifa Sall, «alors que des rapports de l’Ofnac ont épinglé des personnalités du régime actuel».
En réplique, Mamadou Dia du ministère de l’Economie, des Finances et du plan a rappelé que le Sénégal a basculé dans la catégorie des Pma en 2001, après les Programmes d’ajustement structurel du régime socialiste. «Des progrès sont en train d’être faits, même si nous n’avons pas encore atteint le seuil de 1242 dollars par habitant qui nous permet de sortir des Pma», dit-il. Néanmoins, M. Dia reconnait que sur l’indice du capital humain, «il reste beaucoup à faire surtout par rapport à l’éducation».
Pour sa part, le secrétaire général de l’Agence sénégalaise de promotion des exportations (Asepex) appelle à un renforcement du secteur privé national. Mais invite Bathie Ciss : «Le ministère du Commerce a obligé des acteurs de l’Unacois à acheter le riz local pour pouvoir disposer de commandes d’importation. Ils ont rechigné pendant longtemps à vouloir le faire. Il y a des acteurs du secteur privé qui préfèrent aller acheter du riz en Inde, parce que la marge bénéficiaire est plus importante.»
bgdiop@lequotidien.sn

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