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Dakar abrite une consultation régionale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Plus de 14 pays, des organisations de pêche artisanale vont discuter et échanger durant trois jours pour élaborer un plan d’actions régional sur la pêche artisanale pour la mise en œuvre des Directives volontaires visant à assurer la durabilité de cette forme de pêche.

Après l’adoption des Directives volontaires de la pêche artisanale en 2014, la Fao passe à l’étape suivante. Il s’agit de l’élaboration d’un plan d’actions sous régional pour permettre la mise en œuvre de ces Directives volontaires de pêche artisanale. Pour ce faire, Dakar accueille une rencontre internationale de plus de 14 pays d’Afrique du Centre, du Nord et de l’Ouest. La Fao qui leur offre cette plateforme veut une meilleure compréhension et une appropriation par les Etats des Directives volontaires. Ndiaga Guèye, chef du Bureau régional pour l’Afrique de la Fao basé à Accra, souhaite que les acteurs notamment, les représentants des Etats, les organisations de pêcheurs artisanaux, proposent des idées, échangent de bonnes pratiques, discutent sur les enjeux de l’heure pour arriver à la fin, à produire un document consensuel qui, selon lui, permettra d’avoir un plan d’actions sous régional «dont il faudra faire la promotion et mobiliser des ressources financières», ajoute-t-il.
Une première pour la pêche artisanale qui se dote ainsi d’un instrument international. «Pen­dant longtemps, il n’y a jamais eu d’instrument international exclusivement dédié à la gestion de la pêche artisanale», soutient Ndiaga Guèye. Or, la pêche artisanale joue un rôle vital pour la sécurité alimentaire et est un moyen de subsistance de millions de personnes en Afrique en général mais particulièrement pour le long de la côte de l’Afrique de l’Ouest et du Centre en particulier. Et parmi ce lot, «il y a aussi une écrasante majorité de femmes s’activant directement ou indirectement dans la pêche artisanale», constate le chef de Bureau de la Fao à Accra.
A la demande des pays en développement, la Fao a initié cette plateforme où les 192 Etats membres de cette institution se sont réunis pendant des années pour négocier ces Directives volontaires dans le but d’améliorer la gouvernance de la pêche artisanale. En effet, celles-ci couvrent tout ce qui est capture de la pêche artisanale de façon responsable, transformation, commercialisation. Elles ne s’arrêtent pas là. «Ces directives traversent des dimensions genre, équité sociale et aspects environnementaux. C’est donc un outil international dont les Etats, les organisations sous régionales doivent s’appuyer pour promouvoir à l’échelle nationale la pêche artisanale», rappelle M. Guèye.
Une dimension environnementale qui va intéresser le Sénégal. Notre pays va exploiter et produire incessamment du pétrole dans des zones de Saint-Louis Kayar où la principale activité demeure la pêche artisanale et le moyen de subsistance de milliers de personnes. Mais pour Ndiaga Guèye, il ne faut pas opposer ces deux activités à savoir l’exploitation du pétrole et la pêche. «Avec intelligence, l’Etat du Sénégal peut faire en sorte que les deux aillent ensemble», souligne-t-il. Il ajoute que malgré tout, la Fao est disposée à accompagner les populations sur le plan technique afin de leur offrir des alternatives.
ndieng@lequotidien.sn

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