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Le face-à-face tant attendu entre les maires, les techniciens, les acteurs du développement et le staff du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) a eu lieu mardi passé. Pendant cinq tours d’horloge, les différents ac­teurs ont parlé avec le cœur des manquements du Pudc qu’ils souhaiteraient voir hâter le pas. Le département de Mbacké qui a été le grand oublié de la 1ère phase voudrait disposer d’une discrimination positive pendant la seconde. A ce jour, 113 milliards de francs Cfa ont été injectés dans ce programme qui attend une rallonge de 10 milliards.

Le Pudc est-il un programme d’urgence ? Non, pensent la plupart des 21 personnes qui ont pris la parole lors de l’atelier d’information et de partage sur les interventions du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) dans la région de Diourbel. La cause, le rythme très faible des déploiements. Mouhamadou Ndiaye, chef du Service régional du développement communautaire, constate que le niveau de déploiement est faible. «20%, c’est très faible. Quand est-ce qu’on va arriver à 100% ? Dès lors qu’on parle de programme d’urgence, il faut qu’on trouve des mesures souples. Le système de contrôle conformité, certification des équipements mis en place, est trop lourd. Il faut assouplir les conditions parce qu’on parle d’urgence.» Il n’est pas le seul à clouer au pilori le Pudc. Ibar Kane, adjoint au maire de Touré Mbonde dans le département de Diourbel, ne dit pas le contraire. «Le niveau d’exécution est trop faible. Nous n’avons reçu que 2 équipements». «Le département de Mbacké reste le parent pauvre du dispatching», enfonce son collègue Mbaye Tine, maire de Taif, qui souligne que le taux d’exécution est faible. Il est de 12%, dit-il. «On a promis 15 équipements, on n’en a reçu que 5. Il faudrait que le Pudc soit en conformité avec ce qui est annoncé», constate l’édile de Taif qui note également un manque notoire de communication entre le programme et les exécutifs locaux. «Ce programme qui est appelé à soulager le monde rural et à résoudre les disparités avec le milieu urbain pêche dans ces interventions», constatent les intervenants. Selon Mbaye Samb, le maire de Pattar, «le président de la République, au moment du lancement, avait dit qu’il voulait que cela aille rapidement, mais on constate que c’est très lent». M. Samb souligne également que «ce programme viole certains textes et lois en vigueur dans ce pays». L’adjoint au chef du Service régional du travail et de la sécurité sociale de Diourbel, Bamba Fall, se désole de cela. «C’est un vaste programme qui englobe beaucoup de projets. J’ai entendu ici beaucoup de chantiers, mais aucune entreprise, mise à part Somafi, n’a daigné faire des déclarations de main-d’œuvre ou de chantiers».
Pour pallier ces impairs, des chefs de service comme Mouhamadou Ndiaye demandent l’assouplissement des mesures et une prise en charge des groupes vulnérables. «Sur les principes directeurs, nous avons vu la dimension genre. Les groupes vulnérables que sont les  personnes âgées, les handicapés et les veuves constituent une entité dans le développement communautaire. Nous aurions souhaités qu’ils soient impliqués dans le programme. Ce qui me permettrait de formuler une doléance pour le centre des handicapés de Bambey qui avait un périmètre maraîcher qui malheureusement a échoué. Si le Pudc pouvait permettre de réaliser un périmètre maraîcher et un forage, ce serait tout bénéfique pour les handicapés qui pourraient effectuer des activités génératrices de revenus», plaide M. Ndiaye.
Dans son exposé, Babou Dramé, coordonnateur du Pudc, a informé que onze communes sur les 38 que compte la région et soixante-dix villages ont accès au liquide précieux, soit 38 mille bénéficiaires. Le Pudc a permis l’électrification de 50 villages, soit 20 mille personnes et la construction de pistes. Au total, la région de Diourbel a reçu 534 équipements. S’expliquant sur le retard dans la mise en place des équipements, le coordonnateur du Pudc l’explique par le fait que le programme mise sur «la qualité». Le gouverneur de région qui précisait la rencontre a dit l’attente des populations sur ce programme. «Si on suit les programmes classiques, beaucoup de villages n’auront pas de sitôt des postes de santé. Le Pudc est venu un peu tard, mais il est venu», confie Mouhamadou Moustapha Ndao. La phase 3 du programme a été confiée aux Chinois pour un budget de 300 milliards de nos francs, informe Babou Dramé.

badiallo@lequotidien.sn

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